
Quasiment aucun consommateur n’est au courant mais depuis juin 2026, une catégorie de plantes OGM, issues de Nouvelles Techniques Génomiques (NTG) est désormais autorisée en Europe.
OGM ? NTG (Nouvelles Techniques Génomiques) ? Retour aux notions de base pour comprendre de quoi il est question. Pour améliorer une variété de plante (sa résistance à la maladie, son stress hydrique, sa productivité…), les botanistes croisaient les plantes pour en faire de nouvelles. C’était une méthode de sélection traditionnelle. Puis, sont apparues les plantes OGM (Organismes Génétiquement Modifiés).
Pour créer une plante supposée plus performante, on modifie le génome de la plante. Par exemple, en transférant des gènes d’une autre plante (transgénèse). Dans l’Union Européenne, la production de plantes OGM est interdite. Leur traçabilité et leur étiquetage sont strictement réglementés. Le consommateur est systématiquement averti de la présence d’OGM dans un aliment.
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Faire muter le génome
Mais depuis une vingtaine d’années, les scientifiques ont trouvé de nouvelles méthodes pour faire évoluer le génome de la plante. Ce sont les Nouvelles Techniques Génomiques. On peut faire muter le génome sans insérer du nouveau matériel génétique. On peut aussi modifier des fragments d’ADN grâce à ce que l’on nomme des « ciseaux » moléculaires. Le but est toujours d’améliorer les caractéristiques de la plante (résistance à la sécheresse, aux insectes ravageurs et aux maladies, rendement plus élevé, etc).
Des NTG en Europe
Pour nombre d’observateurs, ces plantes NTG sont des OGM. Mais après de nombreux rebondissements au sein des instances européennes, le Parlement Européen a légalisé ces OGM NTG. Le nouveau règlement entrera en vigueur en janvier 2028. Concrètement, des OGM-NTG vont être produits et commercialisés en Europe. Il n’y aura pas d’évaluation de risques spécifique, pas de traçabilité au-delà des semences, pas d’étiquetage pour le consommateur. Or, pour nombre d’observateurs critiques (dont des chercheurs de l’INRAE), rien ne garantit que ces OGM-NTG soient moins problématiques que les OGM classiques.
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Les contaminations des cultures bio
Le bilan des OGM classiques est peu reluisant. Ces OGM ont par exemple, stimulé les résistances des agresseurs, ou accru le recours à des insecticides et des herbicides. Il n’est pas certain que les NTG soient à l’abri de ces dérives. La question des contaminations entre cultures de plantes classiques et celles de plantes modifiées va également se poser, ce qui va notamment poser un sérieux problème aux cultures bio qui souhaitent absolument interdire les OGM.
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L’autre danger est d’ordre économique. Avec cette autorisation, les grandes firmes des biotechnologies vont avoir en Europe des pouvoirs renforcés sur le « vivant ». Les semenciers traditionnels (en France, on compte 70 entreprises de moyenne taille dans ce secteur) et les paysans risquent de subir à l’avenir les diktats économiques de ces multinationales.
JC Nathan
Sources : Inrae



























