Consommer ou non du saumon d’élevage

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saumon elevage

Faut-il arrêter de consommer du saumon d’élevage ? De plus en plus d’associations écologistes et de médias tirent la sonnette d’alarme. La mode du saumon est devenue très coûteuse pour l’environnement.

 

 

Faut-il consommer ou non du saumon d’élevage ? Avant les années 1980, l’élevage industriel de saumon n’existait quasiment pas. Au début des années 2020, la production de saumon atteint près de 3 millions de tonnes, avec comme grands pays producteurs, la Norvège, le Chili, le Royaume-Uni, le Canada…. L’industrie ne cesse de prendre de l’ampleur. Aux exploitations réservées aux mers froides, sont désormais en train de s’ajouter des dizaines de fermes usines en zones tempérées, dans les pays européens, et même dans des pays  comme l’Arabie Saoudite.

 

 

Les Français, grands consommateurs

 

 

La France est très friande de saumon. Les Français en consomment en moyenne 4,2 kilos par an. Le succès de ce poisson est probablement dû à un ensemble de facteurs : image de produit de luxe, facilité de consommation (ce poisson nécessite aucune cuisine ou très peu), caractère « régressif » (le côté aliment pour enfant)…. Rien ne semble réfréner cet engouement. Mais peut-être faut-il s’en inquiéter…

 

 

Espace confiné et mortalité

 

 

On ne peut en effet fermer les yeux sur les énormes incidences de cet élevage industriel. Les conditions d’élevage des saumons sont très criticables. Compte tenu de la densité moyenne d’un élevage, ces poissons conçus pour parcourir des milliers de kilomètres disposent d’un espace confiné, équivalent à une baignoire de 200 litres. La mortalité dans les élevages est très importante, montant dans certains élevages à plus de 20% des poissons.

 

 

Dans les bassins d’élevage, les poissons développent des maladies (un parasite notamment, le pou de mer) que les industriels doivent traiter avec des insecticides et des antibiotiques, non sans conséquences pour les consommateurs.

 

Lire : Saumon d’élevage, rappel sur la toxicité

 

Pour nourrir ces saumons d’élevage, on doit fabriquer d’énormes quantités de farines de poisson et l’on aggrave pour cela les prélèvements dans différentes mers (dont celles au large du Sénégal, de la Gambie, et de la Mauritanie…). Des ONG dénoncent notamment l’épuisement des eaux sénégalaises, causé par des chalutiers chinois spécialisés dans la production de farine de poissons.

L’alternative alimentaire du poisson d’élevage, le soja, est également problématique, étant donné sa responsabilité dans la déforestation amazonienne.

 

 Contaminants

 

L’autre aspect criticable du business du saumon, c’est la pollution locale entraînée par ces élevages qui rejettent des eaux usées, chargées de multiples contaminants (PFAS, pesticides,  métaux lourds, dioxines…). Sans parler de la question de l’échappement des saumons d’élevage qui risquent ensuite de s’accoupler avec des saumons sauvages, dégradant le patrimoine génétique et les chances de survie.

 

Au final, il est peut-être temps que le consommateur remette en question un réflexe acquis ces dernières années, à savoir acheter périodiquement une barquette de saumon (fumé ou non), ou tout au moins, qu’il exige de la part des industriels, davantage d’engagement environnemental.

 

JC Nathan

 

sources : lemonde.fr