
Diverses recherches mettent en évidence des liens entre le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) et l’alimentation.
Selon les scientifiques, il y aurait des liens spécifiques entre le TDAH (trouble du déficit de l’attention) et des troubles de l’alimentation. Le TDAH est un trouble neurologique caractérisé par des niveaux élevés d’inattention, d’agitation et d’impulsivité.
Deux millions de personnes
En France, 3% des adultes et 6% des enfants seraient concernés par un tel trouble. Soit au total plus de deux millions de personnes. Ces personnes auraient une plus grande propension à souffrir de de troubles de conduite alimentaire. Selon une métanalyse, ce risque serait 3,8 fois supérieur à celui de la population.
Mauvaise perception des signaux de la faim
Divers facteurs pourraient expliquer cette vulnérabilité. L’une des explications tiendrait au fait que, l’attention de ces personnes étant déjà monopolisée, elles perçoivent mal ou pas du tout les signaux de la faim envoyés par l’organisme. Fatiguées, voire épuisées, elles seraient du coup davantage sensibles à des signaux extérieurs (odeur, packaging…) de certains aliments. Leur réactivité alimentaire serait plus élevée que la moyenne.
Contrôle émotionnel
Selon d’autres travaux, le moindre contrôle émotionnel des enfants et adolescents affectés d’un TDAH est associé à des comportements alimentaires dits « addictifs ». Les « TDAH » exposés à davantage de stress ou de surcharge mentale, trouveraient avec la nourriture une forme de réconfort et de régulation émotionnelle. Le cerveau disposerait ainsi d’une solution pour gérer les émotions négatives.
C’est ce que les spécialistes nomment l’alimentation émotionnelle, c’est-à-dire le fait de moduler sa consommation alimentaire en réponse à un ressenti émotionnel plutôt qu’à celui de la faim ou de la satiété. La nourriture devient un médicament contre un ressenti déplaisant. Ce mécanisme aurait tendance à se répéter à chaque situation émotionnelle comparable.
Situations à risques
Pour venir en aide aux personnes atteintes de TDAH et de troubles alimentaires, les spécialistes suggèrent d’identifier les situations à risques : repas sautés, fatigue, ennui, émotion difficile, aliment attirant à portée de main…. A partir de cet état de lieux, il faudrait dans l’idéal envisager des stratégies de réponse. Par exemple, régulariser les repas, éviter les états de faim extrême, développer d’autres façons de réguler les émotions…
JC Nathan
Sources : The Conversation



























