
L’antibiorésistance est l’un des défis majeurs de la santé en France, en Europe et dans le monde. Il est urgent d’économiser l’arme des antibiotiques et d’être plus intelligent pour affronter les bactéries.
L’antibiorésistance est l’une des grandes priorités de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).Il s’agit d’un phénomène naturel par lequel des bactéries, face à des traitements antibiotiques, développent des mécanismes de résistance qui rendent tout traitement inefficace. On craint que les antibiotiques soient de plus en plus impuissants à traiter de graves infections et débouchent sur des impasses thérapeutiques. On estime que cette antibiorésistance est responsable d’un million de morts dans le monde par an.
L’approche Une Santé
L’antibiorésistance concerne tout à la fois la santé humaine, la santé animale et l’environnement dans son ensemble, ces domaines étant reliés. Pour la communauté scientifique, il est donc impératif de maintenir l’approche One Health (« Une Santé ») et de mener des actions dans ces trois domaines.
L’usage intensif d’antibiotiques dans le monde de l’élevage a été l’une des causes à l’origine de ce phénomène. La médecine vétérinaire et l’agriculture représentent environ 70 % de la consommation mondiale d’antibiotiques, les antibiotiques ayant été notamment utilisés pour accélérer la croissance des animaux. C’est désormais interdit en Europe mais toujours pratiqué dans de nombreux pays (Etats-Unis, Chine….).
La consommation d’antibiotiques n’a pas baissé
Depuis dix ans, la France a entrepris de réduire fortement l’usage d’antibiotiques en médecine vétérinaire. A la suite de trois plans Ecoantibio, l’exposition globale des animaux a été réduite de 52% en dix ans. L’aviculture a diminué de 90% l’usage de fluoroquinolones. En revanche, la consommation d’antibiotiques des Français n’a pas franchement baissé ces dernières années. En 2024, la France était le deuxième pays en Europe consommant le plus d’antibiotiques, derrière la Grèce.
Des causes plus spécifiques
Mais l’usage inconsidéré d’antibiotiques en médecine humaine ou vétérinaire n’est pas la seule cause de cette résistance. Pour nombre d’experts, il ne faut pas négliger diverses causes plus spécifiques de l’antibiorésistance : l’explosion du tourisme dans le monde (et donc des contacts porteurs d’infections), les prescriptions médicales inappropriées, l’automédication, les transmissions nosocomiales, le manque d’hygiène…. Ainsi, l’antibiorésistance se transmet : un individu, consommateur d’antibiotiques, conditionne les bactéries de son intestin à résister. Puis, par simple contact, cette même personne peut transmettre à d’autres ces nouvelles bactéries antibiorésistantes.
Au final, la lutte contre l’antibiorésistance est loin d’être menée à bout. Il faut absolument continuer à promouvoir un bon usage des antibiotiques chez l’homme et l’animal, tout en menant de multiples actions de prévention contre les infections (vaccins, hygiène, biosécurité…).
Katrina Lamarthe
Sources : Sante Publique France



























