
En ce début de l’année 2026, la France fête son septième Dry January. De plus en plus de Français sont intéressés par cette expérience d’abstinence. Un business, celui du NoLo (No Alcool ou low alcool) s’en réjouit. Un autre beaucoup moins…
Dry January, mois sans alcool, bon pour la santé, moins pour le business de l’alcool. Cette initiative est soutenue par la Fédération Addiction, de nombreux professionnels de santé, des hôpitaux, des sociétés savantes et même des collectivités locales. Dans un pays qui compte 142 000 viticulteurs et 59 000 exploitations viticoles, cette reprise d’une tradition anglo-saxonne est une gageure.
Prise de conscience
Ceux qui combattent désespérément depuis plusieurs dizaines d’années le désastre généré par l’excès d’alcool ont emporté une victoire. L’an dernier, on estime que 21% environ des consommateurs d’alcool ont participé au Dry January. Tous n’ont pas réussi à rester abstinents durant un mois, mais dans leur grande majorité, ils ont pris conscience de leur plus ou moins grande addiction à l’alcool : chacun peut constater combien il est difficile de ne plus boire un verre pendant plusieurs jours.
Bienfaits pour la santé
L’autre découverte liée au « Janvier sec », ce sont les bienfaits pour la santé d’un arrêt de la consommation : retour du sommeil, forme physique, moindre nervosité, regain d’énergie…. Ces bienfaits commencent à être connus et un nombre grandissant de Français sont tentés de tester l’après-fête sans alcool. Un récent sondage évoque même le chiffre (un peu improbable) de 44% de candidats à l’abstinence au début du mois de janvier 2026.
Le marché du No-Low
Tout cela fait des heureux. Le marché des softs, boissons sans alcool, mocktails, ce que l’on appelle désormais le No-Low alcool (NoLo), profite allègrement de ce mois de promo. Selon l’étude Modérato – SEEDS, un Français sur deux déclare s’intéresser aujourd’hui au vin sans alcool. 12à 13 % des Français ont déjà consommé du vin sans alcool (vin pétillant ou vin tranquille). Les jeunes et les seniors semblent les plus intéressés. Le marché, estimé en 2025 à 290 millions d’euros en France, devrait croître très rapidement dans les années à venir.
Limiter la casse
Quant au big business, celui de l’alcool, il cherche à limiter la casse, c’est-à-dire à ne pas perdre trop de consommateurs d’alcool. Prévention et Modération (*), l’association créée par les alcooliers pour « promouvoir la consommation responsable » de boissons alcoolisées, cherche à décourager l’arrêt total de la consommation en janvier. « Il n’existe pas une seule « bonne » manière d’aborder le mois janvier : abstinence, réduction, consommation plus espacée, alternatives sans alcool ou à faible teneur, rythme plus lent, attention au contexte… Les possibilités sont nombreuses et chacun doit pouvoir faire son choix en toute conscience », plaide l’association.
Autrement dit, « continuez à boire un peu, ne vous arrêtez pas ». Car, la crainte de l’industrie, c’est que trop de consommateurs réalisent qu’ils vivent bien, et même mieux, sans boire d’alcool.
JC Nathan
(*) Prévention & Modération rassemble les filières de producteurs de boissons alcoolisées (Brasseurs de France, Fédération Française des Spiritueux, Fédération Française des Vins d’Apéritif) ainsi que l’UMIH, première organisation professionnelle des cafés, bars, hôtels et restaurants.
Sources :
Prévention et Modération. Communiqué de presse. Paris, Janvier 2026
Libération.fr 2 janvier 2026. Promouvoir la modération






























