Abattoirs hallal ou abattoirs classiques

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abattoirs bovins

Le consommateur ne dispose pas de signe ou label pour reconnaître si la viande vient d’un animal abattu selon une règlementation classique ou selon un rite cultuel (hallal, casher). Un vétérinaire lance une pétition pour que l’Etat organise clairement les filières.

 

 

En principe, l’étourdissement des animaux dans les abattoirs est obligatoire. Mais une dérogation est accordée dans le cadre des rituels cultuels (halal, casher). Car les musulmans consomment uniquement de la viande hallal, de même que les juifs consomment de la viande Casher. L’abattage rituel exigeant que l’animal soit conscient, il n’y a pas d’étourdissement préalable.

 

 

Une douleur extrême

 

 

Cette pratique pose le problème de la souffrance animale. « Dans le cas de l’abattage sans étourdissement, l’animal ressent une douleur extrême lors de l’égorgement et surtout lors de la période qui suit : toujours conscient il peut ressentir la douleur, l’inquiétude, le stress, la détresse pendant plus de 2 minutes (jusqu’ à 14 minutes même !) » rappelle Stéphane Cluseau, vétérinaire.

 

 

Environ 20% des animaux

 

 

Le dossier n’est pas anecdotique : environ 20%  des animaux seraient abattus sans avoir été étourdis en France. On recense 265 abattoirs qui produisent environ 3,7 millions de tonnes de viande. Ces abattoirs sont contrôlés par les services vétérinaires. 2 155 agents du ministère de l’agriculture veillent au respect de la réglementation sanitaire, de la protection des animaux abattus, et de plus en plus de la question du bien-être animal.

 

 

Pas de circuits séparés

 

 

Le problème, estiment des observateurs, est que certains abattoirs n’organisent pas des circuits séparés. Résultat, les consommateurs peuvent manger, sans en avoir été informés, une viande issue d’un animal abattu selon les rites hallal ou casher. Dans certaines régions, une part importante de la viande hallal ou casher est parfois écoulée dans les circuits commerciaux sans aucune mention informative.

 

Une pétition

 

Stéphane Cluseau, vétérinaire engagé dans ce débat, lance une pétition adressée au Président de la République pour que soit mis en place un étiquetage des viandes précisant le mode d’abattage. « Je ne m’oppose pas à l’abattage religieux. Mais j’estime que le consommateur doit exercer librement ses choix éthiques. »

 

 

La question sanitaire

 

 

Les défenseurs de la cause animale devraient le soutenir qui revendiquent notamment l’application de la Déclaration universelle des droits de l’animal, rédigée par la Ligue française des droits de l’animal (Fondation droit animal, éthique et sciences). La question sanitaire entrerait également en jeu. Selon ce vétérinaire, l’abattage par égorgement comporterait en effet des risques accrus de contamination bactérienne.

 

JC Nathan

 

Sources :

Photo : L214

 

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