
Une toxine retrouvée dans des dizaines de marques de laits infantiles produits par les multinationales Nestlé, Danone, Lactalis… Des retraits de produits sont organisés dans le monde entier. A l’origine, semble-t-il, un ingrédient d’origine chinoise.
Nestlé, Danone, Lactalis… les géants de l’industrie laitière sont pris dans une tourmente médiatique causée par une succession de graves intoxications alimentaires ayant entraîné l’hospitalisation de nombreux bébés et le retrait de lots de laits infantiles dans le monde entier. En cause, la dissémination d’une toxine très dangereuse, le céréulide, retrouvée dans des grandes marques de lait infantile (Guigoz, Nidal, Picot…).
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Céréulide, une toxine parfois présente dans le riz
Le céréulide est une cytotoxine produit par certaines bactéries, en particulier Bacillus cereus, première cause d’intoxications alimentaires en restauration collective. Soumises à des conditions particulières (réchauffement, refroidissement), ces bactéries forment des spores qui produisent la toxine appelée céréulide.
Selon les formes, cette intoxication peut générer des diarrhées intestinales ou des nausées et vomissements. Cette toxine est notamment connue pour des intoxications au riz qui peuvent se produire quand un riz tour à tour réchauffé et refroidi. Des légumes, des pommes de terre, des épices… peuvent aussi être porteurs.
Rappels sur 800 marques de lait infantile
La première alerte aurait été donnée chez Nestlé le 1er décembre. L’incident donne lieu à des rappels partiels. Mais il faut attendre le 5 janvier pour que soient ordonnés des rappels massifs sur plus de 800 marques de Nestlé, s’indigne l’ONG Foodwatch qui porte plainte contre la multinationale. Depuis, les deux autres multinationales du lait, Danone et Lactalis, ont dû elles-aussi procéder à des rappels de produits dans divers pays.
Un composant gras produit en Chine
Pour leur défense, les industriels ont argué que la toxine était particulièrement difficile à détecter. Sa présence serait liée à une supplémentation d’un acide gras polyinsaturé, l’acide arachidonique, permettant d’enrichir les préparations pour nourrisson, composant gras présent fourni par un producteur chinois. Une série de premiers tests n’auraient pas révélé la présence de la toxine. L’acide arachidonique est extrait de produits animaux (volailles, boeuf, porc…).
Scandale et suspicion
Ce nouveau scandale alimentaire va accroître encore la suspicion des consommateurs vis-à-vis des grands industriels agro-alimentaires, en premier lieu pour leur incapacité à gérer un risque grave pour les nourrissons, avec un délai de réaction de plus d’un mois.
En second lieu, il apparaît incompréhensible que des industriels européens de l’agro-alimentaire incorporent dans des produits aussi sensibles que des laits infantiles, un ingrédient d’origine chinoise, inévitablement mal contrôlé, et probablement produit aussi en Europe. Une nouvelle occasion de s’interroger sur les incidences de la mondialisation de l’économie.
JC Nathan
Sources : Vidal





























