L’aspartame : innocuité totale ou big business

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aspartameDans quelques semaines, l’EFSA, l’autorité européenne de contrôle sanitaire, rendra un nouvel avis sur l’aspartame. Controversé depuis une trentaine d’années, cet édulcorant est soupçonné de toxicité et d’effets cancérigènes par certains scientifiques.

 

Présent dans des milliers de produits

 

L’aspartame est un édulcorant puissant dont le pouvoir sucrant est environ 200 fois supérieur à celui du saccharose (sucre de table). Son atout majeur est d’être très faible en calories. Cet additif alimentaire est utilisé dans des milliers de produits, boissons sucrées, desserts, confiseries, chewing-gums, yaourts, produits diététiques, ainsi qu’en sucre de substitution. Des centaines de millions de personnes dans le monde consomment de l’aspartame. Comme tout additif alimentaire, sa présence dans les aliments est obligatoirement signalé (E 951).

 

 

Dose journalière à ne pas dépasser: 12 canettes

 

La première évaluation de la sécurité de l’aspartame réalisée en Europe a été réalisée par le Comité scientifique de l’alimentation humaine en 1984. Ce comité a estimé qu’une personne pouvait ingérer chaque jour 40 mg par kilo corporel d’aspartame (DJA), soit 2,4 g pour une personne de 60 kilos, et cela pendant toute une vie, sans qu’il y ait de risque pour sa santé. Selon l’autorité de sécurité européenne, cette dose journalière admissible offre une grande marge de sécurité : elle correspond à la consommation de 12 cannettes (330 ml) d’un soda contenant le niveau maximum d’aspartame autorisé.

 

 

Soupçon permanent

 

Depuis sa mise sur le marché, l’aspartame n’a jamais pu se départir d’une mauvaise réputation. L’aspartame est composé d’acide aspartique, de phénylalanine (un acide aminé présent dans notre organisme), et de méthanol. Sous certaines conditions, le méthanol se décompose en produits dérivés telle que le formaldéhyde (un composé toxique et cancérogène).  Des études ont périodiquement accusé l’édulcorant et ses produits de dégradation de déclencher de dangereux effets : accouchements prématurés, leucémie, tumeurs au cerveau, cancers (cerveau, lymphe, sang), épilepsie… Certains scientifiques estiment que l’aspartame à forte dose et ses dérivés peuvent déclencher des affections tel le lupus ou des troubles apparentés à la sclérose en plaques.

 

Effets carcinogènes sur les souris mâles

 

En 2010, une étude menée par le docteur Soffritti de la Fondation européenne Ramazzini met en évidence les effets carcinogènes (cancer du foie et du poumon) sur des souris mâles d’une exposition à l’aspartame. Les effets augmentent si l’exposition commence dès la vie prénatale.

 

L’EFSA réfute tout problème

 

L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments a toujours réaffirmé que ces études critiques n’étaient pas de nature à remettre en cause la position officielle définie en 1984, à savoir l’innocuité de l’aspartame à doses « normales ». Cette année, l’EFSA s’est appuyée  sur environ 800 études scientifiques, de toutes sensibilités, ainsi que sur des méthodes de pointe, et sur des tests sur l’homme (une première). Elle revendique haut et fort une évaluation scientifique irréprochable. On peut néanmoins prédire que son prochain avis ira dans le même sens que les précédents.

 

Bernard Duran

http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/Etude_publiee_par_l_European_Foundation_of_Oncology_and_Environnemental_Sciences_.pdf

http://www.efsa.europa.eu/fr

Photo : http://40kgdemoins.blogspot.fr

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