L’aquaculture

0
44
Poissons d'élevage

Poissons d'élevageFace aux excès de la surpêche et aux risques d’extinction de plusieurs espèces, peut-on miser sur le poisson d’élevage ? La réponse ne va pas de soi sur le plan environnemental.

 

Un poisson sur deux provient de l’élevage

Selon un rapport de la FAO, un poisson consommé sur deux dans le monde provient désormais de l’élevage (évaluation pour 2012). En 2002, cette proportion n’était que d’un tiers. On consomme désormais en moyenne 17 kg de poisson d’élevage par habitant et par an. Soit une production mondiale aquacole de 52,5 millions de tonnes sur une offre mondiale de poissons de 142,2 millions de tonnes (chiffres FAO 2008). L’essentiel de l’aquaculture (90 %) est localisée en Asie. La Chine produit environ 60% de la production mondiale. Le panga ou la carpe sont parmi les poissons d’élevage les plus répandus en Asie.

 

Le  poisson d’élevage couvre désormais 15% de nos besoins en protéines animales. Ce report de consommation de la viande vers le poisson d’élevage apparaît de prime abord comme une bonne nouvelle pour l’environnement, compte tenu du gaspillage  de protéines et d’eau liées à l’élevage de bétail. Pourtant, le tableau environnemental s’avère plus complexe.

 

Nourrir les poissons

L’alimentation des poissons d’élevage contribue elle-aussi à la surexploitation des ressources halieutiques. L’élevage de poissons et crustacés carnivores (carpe, anguille, saumon, crevette…) entraîne une consommation substantielle de poissons sauvages. La production d’un kilo de poisson d’élevage absorbe entre 1 et 5 kg de poissons pêchés, via la farine de poisson et l’huile de poisson. Pour produire un kilo de saumon d’élevage, il faut jusqu’à cinq kilos de poissons gras comme le hareng, la sardine, le maquereau…

 

Pour mémoire, 20% de la la pêche mondiale est transformée en farine et en huile de poisson, en majeure partie destinée à l’aquaculture. Les défenseurs de l’élevage rétorquent que pour certaines espèces (par exemple le bar), le poisson d’élevage « prélève » bien moins que son cousin « sauvage ». Encourager des poissons d’élevage peu carnivores n’en demeure pas moins un impératif à moyen terme.

Compte tenu des limites des ressources de la mer (et de leur prix), la Commission européenne a décidé de réautoriser à partir du 1° juin 2013 les Protéines Animales Transformées (PAT) issues du porc et des volailles, dans l’alimentation des poissons d’élevage.

 

Impacts multiples sur l’environnement

Les fermes piscicoles qui peuvent rassembler plusieurs parcs de 10 à 15 000 poissons d’élevage ont un impact considérable sur les milieux naturels. Compte tenu de la densité de ces élevages, il est nécessaire d’administrer de façon systématique des antibiotiques, avec le risque d’apparition de bactéries résistantes aux antibiotiques. La gestion des fermes marines est terriblement polluante : Selon Greenpeace, un élevage de saumon de 200 000 poissons déverse autant de déchets fécaux qu’une ville de 62 000 habitants. Les eaux avoisinantes se chargent de rejets de granulés, de poisson mort, de résidus chimiques et d’antibiotiques. Les eaux s’eutrophisent (prolifération des algues, chute de l’oxygène).  Autre effet indésirable, les saumons d’élevage qui s’échappent et viennent concurrencer les saumons sauvages et perturber leur cycle de reproduction.

 

L’aquaculture durable

Tout autant que dans l’élevage de bétail, il est vital que l’élevage piscicole respecte des chartes de bonne conduite. Selon la réglementation édictée par l’aquaculture biologique (AB), les élevages « bio » ne doivent pas porter atteinte aux écosystèmes marins. En France, les pisciculteurs engagés dans cette démarche s’astreignent à limiter les rejets de nourriture non consommée et à surveiller en permanence la santé de l’écosystème.

Dans les élevages « durables », la teneur en contaminants lourds (PCB, mercure, cadmium…) et produits chimiques est strictement limitée et contrôlée. La qualité des eaux d’élevage est également très surveillée. Des mesures de protection et d’isolement sont mises en œuvre si élevages biologiques conventionnels avoisinent.

 

Sources :

www.fao.org

Alimentation : le poisson d’élevage est-il plus « écolo » que le poisson sauvage ? www.bioaddict.fr

Du poisson d’élevage plein nos assiettes. www.goodplanet.info

 

Fiches en liaison : La surpêche

L’aquaculture biologique

 

 

 

 

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE