Antibiotiques : une question sanitaire cruciale

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antibiotiques animaux

Avec obstination, les pouvoirs publics tentent de réduire l’usage des antibiotiques, tant dans l’élevage que dans la santé humaine. Le recours immodéré aux antimicrobiens créé de dangereuses résistances parmi les différentes familles de bactéries. Des résistances synonymes de risques d’épidémies dans l’élevage et d’infections mortelles pour les humains.

 

Diminuer de 25%

 

Depuis 2012, le ministère de l’Agriculture déploie le Plan EcoAntibio, visant à diminuer de 25% l’usage des antibiotiques dans les filières de l’élevage.  Les pouvoirs publics ont fait preuve d’une grande détermination dans cette lutte, notamment en adoptant une réglementation rigoureuse afin d’interdire les pratiques de remises et autres arrangements commerciaux entre les laboratoires pharmaceutiques et les vétérinaires (ou autres professionnels) qui avaient jusque là un intérêt financier à prescrire des antibiotiques.

 

Baisse des résistances dans l’élevage

 

Selon l’Anses (l’autorité sanitaire française), les résultats du plan EcoAntibio sont assez encourageants. Sur plusieurs familles d’antibiotiques (céphalosporines de 3e et 4e génération, fluoroquinolones), la consommation dans l’élevage est à la baisse. Le réseau Résapath (69 laboratoires en France) en charge de la surveillance sanitaire, annonce une baisse des résistances dans plusieurs secteurs de l’élevage, sur différentes catégories d’antibiotiques : moindre résistance aux céphalosporines chez les poules pondeuses, poulets de chair, dindes et porcs ; moindre résistance aux fluoroquinolones chez les bovins, baisse des phénomènes de multirésistance (traitement à trois familles d’antibiotiques).

Promoteur de croissance

 

Comme le rappelle Guillaume Boudaud, chef de projet à l’Ensat, l’un des organisateurs d’un colloque sur l’usage des antibiotiques dans l’élevage,  la France est l’un des pays où les restrictions aux antibiotiques sont les plus fortes (comparativement à l’Amérique du Nord et l’Amérique Latine). Depuis 2006, il est interdit (en France et en Europe) d’ajouter des antibiotiques dans l’alimentation des animaux d’élevage, comme « promoteur de croissance ».

 

Animaux de compagnie

 

Mais il n’est pas question de relâcher la lutte contre le recours aux antibiotiques. Dans l’élevage, des progrès sanitaires restent à enregistrer pour éviter des contaminations qui contraignent ensuite à traiter le troupeau dans son ensemble. Du côté des animaux de compagnie (11,5 millions de chats et 7,4 millions de chiens), il faut encore améliorer des réflexes d’hygiène chez les propriétaires : veiller à ne pas toucher les animaux malades et se laver souvent les mains.

 

La France, grande consommatrice

 

Quant aux médecins et aux patients, ils leur restent encore de sérieux progrès  à faire. La France se situe parmi les pays les plus consommateurs en Europe « d’antibiotiques en ville. » Elle en consomme 30 % de plus que la moyenne européenne. La résistance aux antibiotiques reste un vrai problème. Chaque année, 158 000 personnes contractent une infection à bactérie multi-résistante (résistante à plusieurs antibiotiques) et 12 500 personnes en décèdent.

 

JC Nathan

 

http://www.invs.sante.fr

 

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