OGM : l’Europe ne veut plus s’en mêler

0
37
cultures transgéniques

cultures transgéniques

L’Europe pourrait laisser à chaque Etat membre la liberté d’accepter ou de bloquer la culture d’OGM. Les ONG et les écologiques hostiles aux OGM pensent que ce serait une grave erreur.

 

Depuis des années, les pays membres de l’Union européenne se divisent sur la question des cultures OGM (Organismes Génétiquement Modifiées), avec un camp d’opposants emmené par la France, un camp de partisans soutenu par l’Espagne, premier producteur de cultures OGM en Europe. Le dernier dossier étudié – l’examen de l’autorisation du nouveau maïs transgénique, le TC1507 de Pioneer – a débouché notamment sur le blocage de la mécanique européenne. Un blocage lié au vote dit de la majorité qualifiée. (Lire à ce sujet : Un nouveau maïs OGM sur le point d’entrer en Europe)

 

Chaque Etat libre de sa décision

 

Le Conseil des ministres de l’environnement a trouvé la parade pour ne plus s’enliser dans les débats sur les OGM : laisser à chaque Etat la liberté d’autoriser ou non la culture de semences transgéniques.  N’importe quel Etat pourra interdire tel ou tel OGM, simplement pour des raisons socio-économiques ou éthiques, sans avoir à le justifier sur le plan scientifique et sanitaire. (Lire OGM, un débat politique plus que scientifique).

 

Une faille pour l’Europe

 

Pour les opposants aux OGM, cette modification de la réglementation européenne, si elle est adoptée par le Parlement, ne sera pas une bonne nouvelle. Les obligations des industriels pour faire homologuer leurs cultures OGM vont être allégées. Ils n’auront plus à faire face à l’expertise règlementaire européenne. Un Etat européen isolé ne sera pas assez fort pour résister à des géants économiques comme Monsanto ou Pioneer qui vont sans doute réussir davantage de percées.

 

La question de la contamination

 

En matière d’OGM, les limites géographiques des frontières sont illusoires. Dans les régions frontalières, les cultures traditionnelles risquent fortement d’être contaminées par les cultures OGM voisines. A l’intérieur d’un même territoire, les producteurs bio vont être soumis à forte pression si leur pays accorde de plus en plus d’autorisations de cultures OGM.

Il est très probable que les milieux anti-OGM mettent tout leur poids dans la balance pour que le Parlement européen n’entérine pas cette réforme qui s’apparente en réalité à un recul de l’Europe sur le dossier OGM.

 

Bernard Duran

 

Source : « OGM, la France pourra dire non ». Audrey Garric et Philippe Ricard. Le Monde.  13 juin 2014.

AUCUN COMMENTAIRE