Vache folle : une affaire en cours

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vache folle

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Même si la justice décide de clore l’enquête ouverte en 1997 sur le scandale de la « vache folle », la question de l’ESB (encéphalite spongiforme bovine) et de la maladie de Creutzfeldt-Jakob – variante humaine de cette affection neurodégénérative – est loin d’être réglée. Tout simplement parce  que l’on a pas répondu à de nombreuses questions sur le prion, l’agent pathogène responsable de l’infection.  

 

Dans les années 1980, une épidémie d’encéphalite spongiforme bovine (ESB) atteint le cheptel britannique, décimant 160 000 à 200 000 bêtes.  La crise menace de se propager en Europe.  Le gouvernement britannique doit se résoudre à abattre 4,5 millions de bovins. Les Européens découvrent qu’ils mangent peut-être de la viande contaminée (lire Fiche ESB)

 

Farines d’os et lacto-remplaceurs

 

L’émergence de l’agent pathogène, le prion, reste mystérieuse, tout comme le mode de transmission. Au fil des enquêtes, il est apparu que l’épidémie était liée à la confection et la diffusion de farines animales (farines d’os et de tissus animaux), des concentrés de protéines fabriquées à partir de carcasses d’animaux, dont certaines probablement porteuses du prion. Dans les années 1980, les industriels avaient réduit les températures de stérilisation pour des raisons économiques. On avait à l’époque généralisé chez les veaux la distribution de lacto-remplaceurs élaborés en partie avec des farines animales.

 

Contamination humaine

 

On a craint un moment que cette catastrophe sanitaire bovine se transforme en une pandémie chez l’homme de maladies neurodégénératives de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), par suite de la consommation de bœuf contaminé. Il n’en a rien été. Seuls 200 cas environ de cette terrible maladie ont été recensés (23 en France). Les scientifiques ont prouvé que l’agent pathogène était présent essentiellement dans certains tissus ((amygdales, cervelle, moelle épinière, tissus lymphatiques, nerfs…), ce qu’on a appelé les « matériaux à risque spécifié » (MRS). La chair du bœuf (les muscles), le lait, n’étant pas porteurs de l’agent infectieux, restaient consommables.

 

 

Une maladie qui incube pendant des années

 

Le prion semble être un exemple de franchissement de barrière des espèces (transmission d’une maladie d’une espèce à l’autre). Ce qui expliquerait les liens entre la maladie de la vache folle (ESB) et la variante humaine (maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCj). Compte tenu des zones d’ombre sur la protéine-prion et son mode de transmission, il est impossible de « tourner la page ». On sait que la maladie peut incuber pendant une dizaine d’années. De nombreuses personnes pourraient être porteuses et être un jour affectées par cette dégénérescence cérébrale. En Grande-Bretagne, une personne sur 2000 serait porteuses. En France, aucune information n’a filtré.

 

 

Farines animales ou protéines transformées

 

Tant que ces questions ne sont pas résolues, le dossier des farines animales restera sensible. Les autorités européennes contournent la difficulté en libéralisant petit à petit dans l’élevage (élevage de poissons en particulier) la filière des protéines animales transformées (PAT), le terme agréé aujourd’hui pour les farines élaborées à base de parties d’animaux saines (et non de carcasses). Une source de protéines dont l’agriculture européenne a besoin sur le plan économique pour rester compétitive (lire . Mais le dossier dans son ensemble reste difficile à expliquer à l’opinion publique.

 

Bernard Duran

 

http://agriculture.gouv.fr/esb

www.lepoint.fr

le courrier de l’environnement de l’inra

 

Source photo : Wikimedia Commons

 

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