Covid, perte d’odorat et de goût

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Covid odeurs gout

La Covid entraîne des troubles importants de l’odorat et du goût. C’est même l’un des symptômes les plus caractéristiques de la contamination par le coronavirus. Explications.

 

La Covid est très souvent associée à une perte de l’odorat et du goût. C’est le symptôme le plus fréquent d’une contamination par le coronavirus. Le virus SARS-CoV-2 en pénétrant dans les fosses nasales, détruit des cils porteurs de récepteurs olfactifs. Ces cils servent à réceptionner les molécules odorantes, analysées ensuite par les neurones sensoriels.

 

 

Anosmie, perte d’odorat

 

 

L’irruption du virus désorganise le système sensoriel olfactif (l’épithélium olfactif, une muqueuse de 2 à 3 cm2 dans le haut de la cavité nasale) et endommage l’ensemble du système nerveux olfactif. La personne contaminée est alors atteinte d’anosmie, ou perte d’odorat. L’odorat étant indispensable à la perception des saveurs, il s’ensuit une perte du goût, agueusie, qui prive la personne de déterminer la saveur (salé, sucré, acide, amer) de ce qu’elle mange.

 

 

Reconstituer les cellules atteintes

 

 

Pour certains patients, l’odorat et le goût vont revenir rapidement. Mais chez d’autres, le virus persiste plusieurs mois dans les cellules olfactives, ainsi qu’une inflammation de la muqueuse olfactive. Une fois le virus totalement éliminé, il faut une longue période pour reconstituer les cellules atteintes (les nouvelles cellules olfactives sont recréées grâce à un stock de cellules souches).

 

 

Hallucinations olfactives et distorsions d’odeurs

 

 

Une étude sur 3111 participants, menée par une unité de chercheurs français (Inserm, du CNRS/Université Claude Bernard Lyon1, équipe Neuropop, Centre de recherche en neurosciences de Lyon)   a montré que seule une minorité de patients (une personne sur cinq) retrouvait rapidement toutes leurs capacités olfactives (dans les 16 jours en moyenne).

 

Une forte proportion de personnes (près de la moitié, souvent des femmes et des personnes âgées) mettaient plusieurs mois à retrouver leur odorat.  Beaucoup de patients étaient frappés d’hallucinations olfactives (fantosmie) ou de distorsions d’odeurs (parosmie).

 

Les chercheurs évaluent actuellement s’il est possible de réentraîner le système olfactif – par exemple en sentant chaque jour un panel d’odeurs, et cela sur une douzaine de semaines – et ainsi d’accélérer la régénération cellulaire.

 

JC Nathan

 

Sources : www.inserm.fr

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