Gwénaëlle Le Guillou, le vin bio d’Aquitaine

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Mme Le Guillou vin bio Aquitaine

Mme Le Guillou vin bio Aquitaine« Le vin bio est le reflet exact d’un terroir et d’un millésime. »

 

Gwénaëlle Le Guillou est  directrice du syndicat des vignerons bio d’Aquitaine

 

Le label vin bio est désormais régi par de nouvelles normes européennes. L’ancien règlement ne concernait que les techniques culturales de la vigne  et les raisins. Il fixe désormais des règles en matière de vinification.

 

« Jusqu’ici, la seule obligation en bio était d’utiliser des raisins cultivés sans pesticides chimiques (herbicides, insecticides…) et sans engrais chimiques. Depuis le 1° août 2012, la réglementation liste des pratiques interdites car « attentatoires » au caractère naturel du produit. Par exemple, la concentration partielle par le froid, l’élimination de l’anydride sulfureux, l’électrodyalise utilisée pour stabiliser le vin, la désalcoolisation… L’utilisation du soufre est limitée dans des proportions inférieures à la vinification conventionnelle. Le soufre n’est pas toxique et ne pose pas de problème environnemental mais il ne correspond pas à l’image que le consommateur se fait du bio. »

 

Est-ce que cette réglementation va dans le bon sens ?

 

« L’absence de réglementation concernant la vinification était problématique. Tout reposait sur le volontarisme des viticulteurs. C’est une bonne chose d’avoir une réglementation sur la vinification bio, d’autant que l’établissement de normes communes sur les 27 pays était difficile. Les Allemands avec leur climat pluvieux et les problèmes de refermentation des raisins ne voulaient pas de limites sur le soufre. En Aquitaine, où l’on a un élevage long (18 mois à deux ans), la question du soufre était aussi sensible. »

 

La réglementation va encore se durcir en 2015 ?

 

« La Commission européenne procède par étapes pour laisser le temps aux viticulteurs de se préparer. En 2015, certains points de la réglementation vinification vont faire l’objet de nouvelles discussions.  Il est prévu, par exemple, de réexaminer  l’autorisation  des traitements thermiques des vendanges ou du vin . Nous souhaitons que ce process soit maintenu, car il se justifie sur le plan technique, mais il faudra argumenter. »

 

 

Pourquoi certains viticulteurs choisissent le bio ?

 

« Il y a plusieurs motifs : des convictions environnementales, des questions de santé (beaucoup de viticulteurs s’inquiètent de leur santé, de celles de leurs proches et de leurs salariés), et enfin des raisons économiques. En bio, les viticulteurs s’impliquent davantage dans la commercialisation, ils exportent souvent en direct sans passer par des courtiers et des négociants et peuvent obtenir une bonne valorisation de leurs produits. »

 

En revanche, c’est beaucoup de travail…

 

En bio, il ne faut de pas ménager son temps et sa peine. Les viticulteurs utilisent uniquement des produits de contact qui n’entrent pas dans la plante. Mais s’il pleut, il faut repartir pour traiter. Le bio, c’est deux fois plus de main d’œuvre et de temps que le conventionnel.

 

 

Au final, le vin bio est-il meilleur ?

 

« Au-delà de la question sanitaire posée par les résidus de pesticides, le fait de respecter le caractère naturel du raisin et de la vinification garantit un produit très authentique. Le système racinaire des vignes cultivées en  bio est plus profond. La plante puise tous les nutriments du sol. Le vin va être le reflet exact d’un terroir et d’un millésime. C’est ce qui rend le vin bio intéressant. »

 

 

 

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