Audrey Trévisiol, experte agriculture environnement

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Audrey Trévisiol est ingénieur en agriculture et environnement au service Agriculture et Forêts à l’ADEME. L’agriculture est à l’origine d’un cinquième des émissions de gaz à effet de serre. Elle est aussi l’un des premiers secteurs touchés par le changement climatique.

 

De quelle façon le changement climatique impacte-t-il l’agriculture ?

 

La hausse des températures et de la concentration en CO2 dans l’atmosphère, l’évolution des régimes de précipitation, les phénomènes extrêmes comme les sécheresses impactent les productions agricoles en volume, en qualité et en régularité.

 

Quelles sont les conséquences du changement climatique sur les pratiques agricoles ?

 

En France, le changement climatique constitue à la fois des opportunités et des menaces pour le secteur agricole. Du côté des menaces, les tensions sur l’eau vont devenir dans certaines régions de plus en plus problématiques. Dans le sud-ouest, par exemple, les productions de maïs seront mises en difficulté. En revanche, la hausse des températures créera des opportunités de nouvelles cultures (colza et tournesol) dans le nord de la France. Les cultures d’hiver seront moins sujettes aux gels automnaux.

 

Les agriculteurs vont devoir s’adapter ?

 

Les agriculteurs dépendent largement des conditions climatiques. Ils doivent s’attendre à de plus grandes fluctuations et adapter leurs modes de production au changement climatique.

 

Les pratiques agricoles et la gestion des sols ont une incidence en matière climatique ?

 

Les sols stockent sous forme de matières organiques deux à trois fois plus de carbone que l’atmosphère. L’agroforesterie, une bonne gestion des prairies et la plantation de haies augmentent la capacité de stockage du carbone. A contrario, certaines pratiques, comme le retournement des prairies, peuvent entraîner un fort déstockage de carbone.

 

Les agriculteurs peuvent agir positivement en faveur de l’environnement ?

 

Il y a des pratiques agricoles plus durables. La fertilisation organique en remplacement des engrais chimiques, l’introduction des légumineuses et des cultures intermédiaires… contribuent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. La limitation du labour peut réduire la consommation de carburant des engins agricoles.

 

 

Le consommateur a-t-il lui aussi son rôle à jouer dans cette lutte contre le changement climatique ?

 

Oui, tous les acteurs de la chaîne alimentaire sont concernés. Les consommateurs peuvent faire évoluer leur régime alimentaire. De manière globale, dans les pays occidentaux, les régimes alimentaires sont riches et les quantités consommées souvent supérieures aux besoins nutritionnels, notamment celles de viande.
Les consommateurs peuvent aussi limiter la consommation de fruits et légumes hors saison, réduire le gaspillage alimentaire.

 

 

 

 

 

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