François Veillerette, défenseur des générations futures

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F Veillerette Générations Futures

F Veillerette Générations FuturesFrançois Veillerette est porte-parole de Générations Futures, association de protection de l’environnement et de la santé des citoyens (1). Il analyse l’actualité du dossier Ecophyto. Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, vient en effet d’annoncer le 30 janvier une révision à la baisse des objectifs du plan. Selon ce plan issu du Grenelle de l’environnement, l’agriculture française devait réduire de 50% le recours aux pesticides entre 2008 et 2018.

 

 

On peut parler d’échec du plan Ecophyto ?  

 

C’est à l’évidence un échec. Sur la période 2008-2013, non seulement il n’y a pas eu de baisse du recours aux pesticides, mais même une légère hausse.

 

Quelle est la raison principale de cet échec ?  

 

Dès la tenue du Grenelle et la mise en place du plan, Générations Futures, l’un des acteurs associatifs au sein du dispositif Ecophyto a souligné la nécessité d’un volet fiscal fort, avec des mesures fiscales dissuasives et des mesures incitatives. Sans ces mesures, les agriculteurs n’ont pas assez d’intérêt pour changer leurs méthodes de production. Il faut un système de carottes et de bâtons.

 

Le nouveau plan Ecophyto mise sur diverses améliorations techniques. Qu’en pensez-vous ?

 

Les certificats d’économie de produits sanitaires qui encouragent les distributeurs de produits phytosanitaires à vendre du conseil et moins de pesticides vont dans le bon sens. De même, l’optimisation des équipements de traitement (avec des buses anti-dispersion) ou le recours aux produits de bio-contrôle (lutte biologique contre les agresseurs)  peuvent aider à réduire de 20 à 25% l’usage de pesticides. Mais ce n’est pas suffisant pour atteindre une réduction de 50%. Pour inverser la tendance, il faut vraiment changer de modèle agricole.

 

On dit souvent que l’agriculture n’est pas rentable sans les traitements et sans une course à la productivité…  

 

C’est faux. Il existe des solutions et des outils pour des exploitations respectueuses de l’environnement, notamment dans les grandes cultures – qui représentent avec la viticulture, l’essentiel de la consommation de pesticides. Il y a de nombreux agriculteurs dans diverses régions françaises (Picardie, Bretagne, Ile-de-France) qui gagnent bien leur vie avec une agriculture recourant à un faible niveau d’entrants (engrais, pesticides….). Ce qui faut, c’est généraliser ce type de solutions.

 

Le modèle agricole traditionnel français, hyperproductif et fortement exportateur, est dépassé ?

 

Ce modèle agricole date des années 1960. Mais nous sommes au XXI° siècle ! Cette agriculture pseudo moderne enrichit uniquement certains agriculteurs et organismes para-agricoles. Ce que nous prônons, c’est une agriculture qui bénéficie aux consommateurs, à leur santé, qui respecte l’environnement tout en faisant vivre les agriculteurs.

 

(1) Générations Futures (GF) est une association créée en 1996 (à l’époque sous le nom de  Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures – MDRGF), engagée dans la défense de l’environnement et de la santé des citoyens, en pointe dans le combat contre les pesticides.

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