Tassin-la-Demi-Lune, un jardin collectif bien organisé

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jardin collectifLes jardins collectifs ou associatifs ne cessent d’éclore en France. Celui de Tassin-la-Demi-Lune, dans les environs de Lyon, a déjà pas mal de récoltes à son actif. Visite d’un potager très bien tenu.

 

A Côté Jardins, un jardin collectif qui existe depuis 25 ans, l’ambiance est conviviale mais on est très organisé. Le long de ce jardin maraîcher dans les environs de Lyon, où l’on cultive « en bio » un petit hectare, il n’y a pas de grillage, mais une organisation et des principes solides.

 

Six dimanches

 

L’association (reconnue d’intérêt général) demande un engagement clair et net de ses adhérents : une cotisation (360 euros par an) et six dimanches par an de travail au jardin.  Une vraie journée de travail, du matin au soir, ce qui n’empêche pas de passer de bons moments ensemble (repas et pots). Deux fois par an, ont lieu des fêtes et tout le monde se retrouve autour du four à pain.

 

La terre est basse

 

L’association a décidé de limiter le nombre d’adhérents à 110 personnes pour garantir à chacun un panier bien rempli. On ne peut donc la rejoindre que si l’un des membres la quitte. Pour y entrer, vous viendrez un dimanche biner, sarcler, bêcher, planter… histoire de voir si vous ne trouvez pas la terre trop basse et la bêche trop raide. « Les légumes, c’est beaucoup de travail. Certes, on repart avec un panier de plusieurs kilos. Mais ensuite, il faut encore laver, éplucher, préparer… Il vaut mieux tester pour savoir si l’on aime vraiment ça ou pas » avertit Jean-Luc de Ochandiano, un adhérent très impliqué.

 

 Un panier de 10 kg

 

En échange de quoi, les adhérents se partagent de façon strictement équitable la récolte tout au long de l’année. 110 adhérents, 110 paniers. 220 kg de patates, 2,2 kg de patates par panier. Idem pour les tomates, les choux, les panais, les pâtissons, les cardons (un classique à Lyon). Idem pour le miel, puisque le jardin abrite depuis deux ans une douzaine de ruches. En été et en automne, c’est un panier de 10 kg en moyenne que chacun emporte ou peut récupérer dans un petit dépôt de son district lyonnais. L’hiver, on est plutôt sur le rythme d’un panier tous les 15 jours.

 

Un jardinier professionnel

 

Le secret de Côté Jardins réside dans le professionnalisme et la démocratie. Créé sur le modèle des Jardins de Cocagne en Genève, l’association, grâce aux cotisations, peut rémunérer un jardinier professionnel qui travaille au potager, conseille le responsable du dimanche, et coordonne l’activité.

 

Un second salarié de l’association fait de l’animation environnementale et de la pédagogie en matière de jardinage pour les enfants et les adultes. « lI ne s’agit pas simplement de produire des légumes pour les consommer ensuite. Nous tenons à être des acteurs de l’environnement », explique Jean-Luc de Ochandiano.

 

Transmettre les patrimoines nourriciers

 

Pour le dire autrement, il y a un état d’esprit, une conviction au Jardin de Tassin-la-Demi-Lune, comme le souligne ce passage des statuts :  » L’association s’inscrit dans un courant de résistance à la banalisation et à l’industrialisation de la nourriture. Elle souhaite contribuer à éveiller les consciences à l’impérieuse nécessité de préserver, régénérer et transmettre les patrimoines nourriciers. »

 

Démocratie et recettes

 

Toutes les décisions sont prises de façon démocratique, qu’il s’agisse d’abandonner la culture des poireaux attaqués par une mouche parasite, ou de construire un nouvel appentis. L’association édite un bulletin, Jard’infos qui publie entre autres des recettes mises au point par ses membres.

 

Pour en faire profiter davantage de personnes, elle édite des recueils de recettes. Dernier en date, l’ouvrage Cuisinez les légumes de la tête aux pieds paru chez Terre Vivante. Soit 180 nouvelles recettes et une centaine de variantes pour cuisiner une quarantaine de légumes sans jamais se lasser et sans rien perdre.

 

Bernard Duran

 

Source : www.cotejardins.org

Photo : David Venier. Côté Jardins

 

 

 

 

 

 

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