Le bio est en panne

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Les  consommateurs ont fortement ralenti leurs achats de produits bio. Un effet de l’inflation des prix mais aussi une forme de désintérêt.

 

Le bio connait une crise. Le chiffre d’affaires est en recul d’environ 6% en 2022, alors que le secteur connaissait une croissance à deux chiffres depuis une dizaine d’années. Ce n’est pas une information soudaine. Certains secteurs sentaient déjà le vent se retourner. Dans l’élevage, les producteurs de lait en bio ont vu ces derniers mois leurs ventes chuter fortement, ce qui a amené les éleveurs en bio à brader leur lait.

 

L’écart de prix

 

La première explication évidente tient au renchérissement des prix des produits alimentaires. On estime actuellement l’inflation dans le secteur alimentaire à 10-12% en moyenne annuelle. Autant dire que les consommateurs ne sont pas très enthousiastes à l’idée de choisir les produits les plus chers. En moyenne, les produits labellisés AB sont 30% plus cher.

 

Cet écart de prix est même peut-être sous-estimé. Une étude du magazine Linéaires parue en 2020 faisait état d’un prix moyen du « sans pesticides » de 75% supérieur à celui du secteur conventionnel.  Quel que soit l’écart de prix, ce surcoût est désormais considéré comme un luxe et beaucoup de consommateurs estiment ne plus pouvoir se l’offrir.

 

 

Un certain scepticisme

 

 

Mais le label AB est peut-être également confronté à une crise de confiance. L’effet de séduction lié à une promesse de santé et de « naturel » s’est peut-être en partie dissipé, laissant place à un certain scepticisme sur la réelle supériorité des produits labellisés sans pesticides. Si une sphère de consommateurs choisit le bio comme mode alternatif de production et de consommation, de nombreux autres consommateurs y viennent sans conviction affirmée. Or, la supériorité qualitative, notamment gustative, n’est pas toujours frappante. Ces consommateurs seront inévitablement plus infidèles, surtout quand les étiquettes commencent à valser.

Lire : Les fruits et légumes bio, meilleurs au goût ?

 

56 000 fermes bio

 

La crise du bio ces derniers mois  a tendance à être accélérée par les grandes surfaces qui commencent à déréférencer les produits AB. Autant dire que la conjoncture est plutôt préoccupante pour les 56 000 fermes bio que compte le pays. La France qui ambitionnait d’atteindre 18% des surfaces agricoles cultivées en bio en 2027, contre 10,3% en 2021, risque de ne pas atteindre l’objectif fixé par la Politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne.

 

Lire aussi : L’Europe mise sur l’agriculture bio et durable

 

JC Nathan

 

Sources : www.terre-net.fr

www.ouest-france.fr