Barbara Konitzer, nutritionniste « bioactive »

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B Koenitzer nutritionniste

B Koenitzer nutritionniste« Intolérance au gluten : éviter l’autodiagnostic  »

 

Barbara Konitzer, nutritionniste allemande, est engagée en faveur d’une alimentation saine et naturelle. Elle défend notamment les principes d’une alimentation bioactive, riche en fibres, en nutriments et phyto-nutriments, source de vitalité et d’équilibre du métabolisme. Elle propose des conseils en nutrition et en management du poids.

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On parle beaucoup d’intolérance au gluten. Selon vous, cette maladie est-elle surestimée ou sous-estimée ?

 

L’hypermédiatisation autour du thème du gluten reflète à mon avis les effets du marketing. Les produits sans gluten sont un très grand marché en pleine croissance. Pour comprendre la situation, il faut distinguer d’une part, la maladie cœliaque, maladie auto-immune, qui est une intolérance à certaines fractions de protéines de céréales, et d’autre part, la sensibilité au gluten non cœliaque (SGNC). On connaît encore mal la sensibilité au gluten non coeliaque. La prévalence de la maladie cœliaque serait de 1% et celle de la sensibilité au gluten non cœliaque serait de 6% (selon Maryland Clinic aux États Unis).

 

Y a-t-il des gens qui ne savent pas qu’ils sont atteints ? Ou au contraire des gens qui croient être atteints à tort ?

 

Certaines personnes peuvent être atteintes d’une sensibilité au gluten non cœliaque sans le savoir. On leur parle de colon irritable, de douleurs articulaires, sans faire le lien avec l’intolérance au gluten. Mais il y a aussi des gens qui se croient atteints à tort et qui oublient qu‘une alimentation saine commence par des aliments de qualité et des repas équilibrés. Une fixation sur les produits sans gluten détourne l’attention d’autres problèmes liés au mode de vie occidental, tel que l’apport trop important de produits industriellement transformés.

 

Les symptômes de la sensibilité au gluten non cœliaque sont multiples. Quels sont les plus fréquents ?

 

Les symptômes sont variés, et surtout proches ou semblables de ceux d’autres maladies. Les plus fréquents sont les maux de ventre, maux de tête, eczéma, fatigues chroniques, diarrhées, ballonnements, douleurs musculaires ou articulaires. Ils se manifestent quelques heures et dans certains cas quelques jours après avoir mangé des produits avec gluten. Avec un régime sans gluten, les symptômes diminuent rapidement. Mais attention, maux de ventre et sensation d’inconfort intestinal peuvent aussi être provoqués par une intolérance au lactose, ou encore par des problèmes de digestion, de stress, une alimentation déséquilibrée, etc. Il faut absolument éviter l’autodiagnostic et consulter un médecin avant d‘envisager de manger sans gluten.

 

On dit parfois que nos sociétés modernes ont fait trop reposer l’alimentation sur deux ou trois céréales dont le blé, ce qui aurait déclenché ces réactions d’intolérance ?

 

Il y a différentes hypothèses expliquant l’intolérance de nombreuses personnes au gluten : la sélection progressive de variétés de blé à plus forte teneur en gluten au cours des 10 000 dernières années (NDLR : l’âge de l’agriculture); la consommation très forte de produits à base de farine blanche (pizzas, gâteaux secs, hamburgers…) qui peut faire monter l’apport en gluten jusqu’à 50 g par jour, alors que la moyenne normale devrait être de10-12 g par jour.

Autre hypothèse, le fait que, outre la farine blanche raffinée, nous mangeons trop de sucres, de protéines animales, de graisses de mauvaise qualité, d’additifs, et pas assez de fibres, de micro-nutriments et de phytonutriments. Cette alimentation peut fragiliser la flore intestinale et s’avérer inflammatoire, avec probablement des effets négatifs sur la digestion et l’absorption des molécules.

 

On parle aussi d’une nouvelle découverte scientifique en Allemagne…

 

Effectivement, un groupe de recherche de l’Université de Mainz en Allemagne vient de faire l’hypothèse qu’une protéine associée au gluten des céréales, la protéine ATI, inhibiteur de l’amylase / trypsine protéine, pourrait être une cause possible de la sensibilité au gluten.

 

Lorsque l’on est atteint d’une maladie cœliaque, il faut éliminer de son alimentation tous les produits contenant du blé, de l’orge, du seigle. Dès lors, comment équilibrer son alimentation?

 

La maladie cœliaque exige un régime sans gluten, strict et sans compromis. Cela nécessite un apprentissage. Le mieux est de se faire épauler par des associations, comme l‘Association Française des Intolérants au Gluten. Au-delà de l’élimination du gluten, il faut aussi se réorienter vers une alimentation plus « naturelle » avec davantage de légumes, de fruits, de légumineuses, des huiles de qualité, des produits sains, biologiques… Apprendre de nouvelles recettes, échanger avec des personnes présentant le même type de troubles.

 

 

 

 

 

 

 

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