Microplastiques et microbiote, le désamour

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Les microplastiques que nous finissons par ingérer ont des effets sur le microbiote intestinal. Les scientifiques s’interrogent sur les atteintes réelles de cette nouvelle forme de contamination.

 

 

Les microplastiques et le microbiote ne font pas bon ménage. Les microplastiques (minuscules particules de plastique de 1 micron à 5 mm) présents dans l’environnement sont en partie ingérés par les humains, en particulier via l’eau et les aliments emballés. Certains scientifiques estiment qu’on ingère environ 100 microgrammes de matière plastique par gramme de nourriture. Ces infimes particules de plastique ont bien entendu des effets sur notre système digestif.

 

Le polyéthylène et le système digestif

 

Encore peu étudié, ce phénomène fait l’objet de nouveaux travaux scientifiques. En utilisant un modèle in vitro, des scientifiques de l’INRAE et et de l’université Clermont-Auvergne ont simulé les conséquences que pouvaient avoir le plastique, en particulier le polyéthylène sur différents niveaux de notre appareil digestif  (processus de digestion, microbiote intestinal, barrière intestinale). Rappelons que le polyéthylène est l’une des matières plastiques les plus communes, utilisé en particulier pour les sacs plastiques et autres emballages.

 

Bactéries néfastes

 

Selon ces scientifiques, les microplastiques modifient le microbiote intestinal et le dégradent. En effet, ils ont constaté une augmentation de bactéries néfastes (comme Desulfovibrionaceae, Enterobacteriaceae), et une diminution des bactéries bénéfiques pour la santé (comme Christensenellaceae, Akkermansiaceae). En revanche, la barrière intestinale n’a pas été touchée lors de cette expérience. Elle ne présente pas d’inflammation, conserve son imperméabilité et sa fonction protectrice.

 

Inflammation et moindre protection

 

D’autres travaux récents menés par l’Inserm et l’Université de Lille sur des souris sont plus alarmistes, puisqu’ils mettent en évidence des processus favorisant l’inflammation chronique ou réduisant la protection de la fonction intestinale. Pour mieux comprendre les phénomènes à l’œuvre sur l’homme dans la vie réelle, cette équipe dirigée par Mathilde Body-Malape va étudier l’impact de particules non sphériques (plus abrasives) et les effets cocktails de mélanges de plastiques.

 

Katrina Lamarthe

 

Sources :

inrae

www.sciencedirect

www.inserm.fr