Des animaux d’élevage nourris aux OGM

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aliments bétail - sojaPersonne n’aime les OGM mais la grande majorité des Français et des Européens consomment des animaux d’élevage quotidiennement nourris au soja OGM. Un circuit agro-alimentaire qui soulève de sérieuses questions.

 

Les Européens consomment bien plus d’OGM qu’ils ne l’imaginent. Depuis une quinzaine d’années, l’élevage européen s’est en effet tourné vers les protéines végétales les plus compétitives, à savoir les  tourteaux de soja OGM. Pour accélérer la croissance de leurs animaux (impératif lié à la recherche de productivité), les éleveurs complètent l’alimentation de leurs bêtes avec des protéines. Le soja est l’une des meilleures sources de protéines végétales. Et le soja OGM est le moins cher.

 

Des millions de tonnes de protéines végétales importées

 

Pour nourrir ses 19 millions de bovins, ses porcs et ses volailles, la France a un besoin considérable de protéines végétales : environ 3,5 millions de tonnes par an. Elle n’en produit que 2 millions (tirées du colza, du tournesol ou de légumineuses comme les pois). Résultat, la France et ses voisins européens sont devenus « accros » aux protéines de soja OGM, d’autant plus que l’Europe a interdit l’usage de farines animales en 2000.

 

Le soja OGM et l’herbicide glyphosate

 

Courant des années 2000, l’Argentine, le Brésil, et les Etats-Unis sont devenus les rois du soja avec une variété de soja OGM, le Roundup©Ready, un soja transgénique résistant à l’herbicide glyphosate. Actuellement, sur la centaine de millions d’hectares de cultures du soja dans le monde, les trois-quarts sont dédiés au soja OGM.

 

Etanchéifier deux filières

 

Une partie des éleveurs européens achètent du soja non-OGM mais jusqu’à quand, et dans quelles conditions ? Les contraintes rencontrées par les producteurs et les distributeurs pour «étanchéifier » les deux filières sont élevées. Si le consommateur exige une viande véritablement sans OGM (le seuil de tolérance est actuellement de 0,9%, un taux autorisant une présence fortuite d’OGM dans un produit non-OGM), il est probable qu’il devra payer un prix plus élevé pour permettre de consolider la filière non-OGM.

 

Déforestation et traitement chimique inconsidéré

 

Que l’élevage en Europe soit en grande partie dépendant des cultures de soja OGM au Brésil et en Argentine pose problème. D’abord, pour une simple question de dépendance économique, des éleveurs. Au moment où les cours mondiaux des céréales et du soja sont à la hausse, ce n’est pas anodin. Ensuite, pour des questions environnementales bien connues : la culture du soja OGM contribue largement à la destruction massive de forêts primaires d’une valeur inestimable.

 

Questions sur la santé

 

En outre, la culture extensive de cette légumineuse va de pair – paradoxalement – avec un usage inconsidéré de pesticides (les variétés OGM résistantes aux herbicides et insecticides facilitent les traitements chimiques), avec des risques avérés pour les agriculteurs et leurs familles.  Enfin, parce qu’on est encore loin d’avoir répondu à toutes les questions sur les incidences des OGM sur la santé humaine.

 

Bernard Duran

 

A lire aussi : Le boeuf

 

Crédit photo : www.taloncoproduits.com

Sources :

Argentine : la culture de soja OGM qui rend malade

Inf’OGM, janvier 2013. http://www.infogm.org

« Les animaux d’élevage français gavés de soja OGM importé »

Chloé Hecketsweiler – publié le 09/11/2012

http://lexpansion.lexpress.fr

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