Le café menacé par le réchauffement

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Le café est-il susceptible de disparaître ou de devenir un produit extrêmement rare, en raison du réchauffement climatique ? L’hypothèse est avancée. Déjà, des scientifiques recherchent des variétés de caféier susceptibles de s’adapter.

 

 

Le café menacé par le réchauffement… Ce scénario est de plus en plus avancé par des scientifiques qui constatent à quel point les caféiers sont sensibles aux variations climatiques.

 

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Ni la chaleur, ni le froid

 

 

Les arbustes de café arabica (Coffea arabica, de la famille des Rubiacées), originaires d’Afrique de l’Est (Ethiopie, Soudan du Sud, Kenya, Yémen) mais aussi cultivées en Amérique latine et en Asie, n’aiment pas la chaleur (pas plus de 30 à 35°) ni les grands froids. Et encore moins la sècheresse. Ils apprécient les terres tropicales de moyenne-haute altitude (de 200 à 2000 mètres d’altitude) et les zones les moins chaudes autour des tropiques.

 

 

Les régions productrices impactées

 

 

Plusieurs études scientifiques avertissent : l’augmentation des températures moyennes de 1,5° à 3° d’ici à 2050 risque d’avoir d’énormes conséquences sur la culture des caféiers. Les régions productrices de café dans le monde vont être fortement impactées. La plupart des grands pays producteurs (Brésil, Vietnam, Colombie..) et ceux d’Afrique (l’Ethiopie, premier exportateur de café, l’Ouganda…)  pourraient voir se réduire fortement les surfaces adaptées à la culture du café.

 

 

Plante sensible

 

 

Coffea arabica est une plante extrêmement sensible aux variations de température, de précipitations, et d’acidité des sols. Avec les changements climatiques, les maladies et les parasites sont plus fréquents et plus graves. Mais le robusta n’est pas mieux loti. Il lui faut de la pluie et le changement climatique annonce plutôt la sècheresses.

 

 

Une variété redécouverte

 

 

Déjà, les agronomes s’interrogent sur l’adaptation nécessaire des cultures pour préserver des hauts niveaux de production et satisfaire une demande mondiale actuellement estimée à 10 millions de tonnes de café (4,6 kg par an et par personne). Certains spécialistes lorgnent vers une variété récemment redécouverte, Coffea stenophylla. Elle pousse dans des conditions plus chaudes (entre 1,9° C et 24,9° C), à basse altitude, et elle demande moins d’eau.

 

Cette variété ressemble beaucoup à l’Arabica et a reçu un excellent accueil des jurys de consommateurs. Certains scientifiques tablent pour l’avenir sur un croisement entre stenophylla, arabica et robusta.

 

 

JC Nathan

Sources :

Expected global suitability of coffee, cashew and avocado due to climate change

Roman Grüter,  Tim Trachsel,  Patrick Laube, Isabel Jaisli

In plOs ONE january 2022

 

The Conversation