Le réchauffement va bouleverser la viticulture

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Le réchauffement climatique va bouleverser la géographie de la viticulture dans le monde et en particulier en Europe. C’est la conclusion d’une étude menée par l’INRAE et plusieurs centres de recherche.

 

 

Le changement climatique, autrement dit le réchauffement, s’il est supérieur à 2°C, va impacter très fortement la viticulture dans les régions côtières et les plaines de l’Europe (Espagne, Italie, Grèce…) et le sud de la Californie. C’est l’enseignement majeur d’une étude menée par l’INRAE, Bordeaux Sciences Agro, le CNRS, l’université de Bordeaux et l’université de Bourgogne, et publiée dans Nature Reviews Earth and Environment.

 

 

Régions viticoles côtières

 

 

90 % des régions viticoles côtières et de basse altitude du sud de l’Europe et de la Californie risquent de perdre leur aptitude à produire du vin de qualité à des rendements économiquement soutenables d’ici la fin du siècle. Il n’est pas sûr que le sud viticole de la France échappe à ce bouleversement.  Les chercheurs ont analysé les conséquences sur les vignes de l’évolution des températures, des précipitations, de l’humidité, du rayonnement et de la teneur en CO2.

 

 

Maturation des raisins

 

 

L’augmentation des températures accélère le développement de la vigne et avance la maturation des raisins. Dans la plupart des vignobles, les vendanges commencent déjà deux à trois semaines plus tôt qu’il y a 40 ans. Cela impacte la composition des raisins et le style de vin produit. Il y a souvent une perte d’acidité du raisin, une élévation du degré d’alcool et une modification du profil aromatique.

 

Selon les scientifiques, jusqu’à une augmentation de 2°C, il y a des possibilités d’adaptation pour les viticulteurs. Par exemple, en adoptant des couples cépages-porte-greffe plus résistants à la sécheresse, ou en adoptant des pratiques culturales qui préservent l’eau des sols comme un plus grand espacement entre les rangs.

 

 

Remise en cause de la viticulture

 

 

En filigrane de l’étude, on devine une vaste remise en cause de la viticulture traditionnelle et des territoires concernés. Faudra-t-il que les familles de viticulteurs émigrent au nord ?   Car, selon cette étude, diverses régions plus septentrionales (nord de la France, Belgique, Pays-Bas, Danemark, État de Washington et Oregon aux États-Unis, Colombie-Britannique au Canada, Tasmanie en Australie…) devraient pouvoir se convertir à la viticulture et produire des vins de qualité.

 

JC Nathan

 

Source : Inrae