Les betteraves, fini le traitement de faveur

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Les betteraves ont failli bénéficier d’une nouvelle dérogation autorisant l’usage des néonicotinoïdes comme en 2021 et 2022. Mais dans un brusque revirement, le ministère de l’Agriculture a renoncé à prolonger cette dérogation.

 

Les betteraves vont devoir se passer d’insecticides néonicotinoïdes et se plier à la règlementation ! Depuis le 1er septembre 2018, les insecticides néonicotinoïdes sont interdits, suite à la loi sur la biodiversité adoptée en 2016. La responsabilité de cette catégorie de pesticides (imidaclopride » ou thiamethoxam) a en effet été démontrée dans le déclin des abeilles et pollinisateur sauvages.

 

Lire : Néonicotinoïdes, tueurs d’abeilles, de pollinisateurs et de vie

 

Pucerons et jaunisse

 

Mais les cultures de betteraves sucrières sont fortement attaquées par les pucerons qui transmettent le virus de la jaunisse de la betterave. En 2019, suite à l’absence de traitement insecticide, les récoltes avaient chuté de 28%, occasionnant des pertes d’environ 280 millions d’euros. Au cours de l’automne 2020, les députés avaient voté pour les betteraviers une dérogation à la loi interdisant les néonicotinoïdes.

 

Lire : Néonicotinoïdes, les betteraves plutôt que la biodiversité.

 

L’exception de la betterave

 

Cette année encore, les betteraviers ont failli bénéficier d’une nouvelle dérogation leur permettant d’utiliser cette famille d’insecticides.  Et cela malgré les démarches en justice de plusieurs associations environnementales et de représentants d’apiculteurs et d’agriculteurs.

Mais le 23 janvier 2023, le ministère de l’Agriculture jetait l’éponge. Il faut dire que quatre jours plus tôt, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) avait déclaré illégales les dérogations adoptées depuis 2020 par certains pays européens.

 

 

Le poids du lobby sucrier

 

Les betteraviers vont devoir tester divers traitements alternatifs pour lutter contre ces infestations de pucerons et la maladie virale qu’ils transmettent. Une stratégie délicate à régler et beaucoup moins pratique que les semences enrobées de puissants pesticides.

Le pouvoir politique européen a donc fait plier le lobby français du sucre, un secteur très puissant. La France est le premier producteur européen de sucre de betterave. Les exportations de sucre rapportent au pays plusieurs centaines de millions d’euros.

 

JC Nathan

 

Sources : www.snfs.fr