Néonicotinoïdes, tueurs d’abeilles, de pollinisateurs et de vie

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Plusieurs études et évaluations confirment la dangerosité des pesticides dits néonicotinoïdes pour les abeilles et pour les pollinisateurs. Une menace pour la biodiversité dans son ensemble.

 

 

Les néonicotinoïdes (insecticides de troisième génération) sont destructeurs de vie. Fin février 2018, l’Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa), autorité très « conservatrice » dans ses avis, a confirmé que trois insecticides de la classe des néonicotinoïdes, la clothianidine, l’imidaclopride (Gaucho) et le thiaméthoxame (Cruiser) étaient très nocifs pour les abeilles et pour les pollinisateurs.

 

 

Neurotoxiques

 

 

Ces insecticides de troisième génération sont utilisés par les agriculteurs depuis les années 1990 dans les grandes cultures (blé, orge, avoine).  Ils tuent les insectes par choc neurotoxique (la substance perturbe les neurotransmetteurs de façon mortelle) à des doses infimes (10 à 50 grammes de matière active pour un hectare).

Lire : Les néonicotinoïdes, menace invisible

 

 

Un tiers des colonies

 

 

Le problème est que ces bombes chimiques tuent aussi des abeilles et de pollinisateurs sauvages (eux-aussi insectes sensibles aux toxiques). Selon une étude réalisée en Allemagne, la masse d’insectes volants a chuté de 78% en 24 ans. En moyenne, on estime que 30% des colonies d’abeilles meurent chaque année.

 

 

La situation est d’autant plus critiquable, selon certains scientifiques, que les insecticides sont utilisés de façon massive même quand il n’y a pas de menace particulière. Ces produits néonicotinoïdes, en tuant les pollinisateurs (qui contribuent à la reproduction des plantes), limitent du même coup les rendements agricoles.

 

 

« Les vers de terre, les libellules, les têtards, tout y passe… »

 

 

« Les abeilles, le zooplancton, les vers de terre, les libellules, les têtards, tout y passe. Finalement, ces insecticides ne nous débarrassent plus des ravageurs qu’on voulait cibler, mais détruisent tous les insectes qu’on voulait préserver », déclare Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS, toxicologue, vice-président du Groupe de travail sur les pesticides systémiques (TFSP), qui regroupe une soixantaine de chercheurs de plus de 24 pays.

 

 

 

Atteintes au système nerveux

 

 

 

Les effets en chaîne sur le vivant sont très alarmants : les invertébrés du sol (vers de terre), les organismes aquatiques (plancton, microcrevettes), les oiseaux, etc. sont touchés par contrecoup. Quant aux effets sur la santé humaine, la liste des suspicions est interminable : atteintes au système nerveux, dommages à la vie intra-utérine, perturbateurs endocriniens, effets cancérigènes.

 

La France a pris des mesures pour limiter les néonicotinoides, mais il y aura des dérogations pendant quelques années encore.

 

JC Nathan

 

 

Photo : Alain Boullah

 

 

 

 

 

 

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