Les huîtres toujours menacées

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huïtre ostréiculteurLes huîtres sont attaquées depuis six à sept ans par un agent infectieux, un virus peut être renforcé par une bactérie, qui aggrave fortement la mortalité des huîtres.  

 

Les huîtres sont menacées, attaquées, décimées et les ostréiculteurs n’ont pas le moral. La production des huîtres est tombée de 150 000 tonnes à 80 000 tonnes entre 2008 et 2014, en raison de mortalités très élevées. Chez les naissains (huîtres de moins d’un an), ce taux peut atteindre 80%. Encore plus grave, des huîtres arrivées à maturité, prêtes à être commercialisées (huîtres marchandes) ayant demandé trois ans de travail et de manipulation (affinage) meurent en quantité, avec des taux de mortalité de 40 à 50%.

 

Virus de type herpès

 

Plusieurs explications de la fragilisation des huîtres ont été avancées : un taux de salinité pas assez élevé de la mer, lié aux changements météorologiques et à de fortes pluies, la pollution, les variations de températures trop brutales, le réchauffement climatique. Ces facteurs se combinent peut-être pour faciliter le travail d’un agent infectieux. Car, pour les milieux scientifiques, il est certain qu’on a affaire à un virus de type herpès qui attaquerait les huîtres dès les premiers mois, tout comme de nombreux autres coquillages, tels que la moule et la coquille Saint Jacques. Selon Sylvie Lapègue, responsable du laboratoire de génétique et de pathologique des mollusques marins à l’Ifremer, ce virus s’est associé à une bactérie (vibrio aesturianus) pour attaquer les huîtres adultes.

 

La filière se serait contaminée

 

L’organisation même de la filière ostréicole a probablement aggravé le phénomène de contamination. En France, certains sites (le bassin d’Arcachon, et  Marenne-Oléron) sont spécialisés dans l’élevage de naissains, et les huitres sont ensuite élevés et affinés  dans toutes les grandes régions productrices (Bretagne, Charente-Maritime, Vendée…),  Une association d’ostréiculteurs (Ostréiculteur Traditionnel) attaque l’Ifremer d’ailleurs pour ne pas avoir suffisamment mis en garde la profession contre les risques de contamination de la filière.

 

Controverse autour de la tétraploïde

 

La crise traversée par la profession ostréicole fait ressurgir un autre « serpent de mer » : la responsabilité de l’huître tétraploïde. La tétraploïde (chromosomes par 4) est un « super géniteur » mis au moins par l’Ifremer en 1997, qui accouplée à l’huître naturelle diploïde (chromosomes par paires), donne des huitres triploïdes (triplets de chromosomes). Ces huitres stériles, sans laitance, étiquetées Huitres des quatre saisons, sont élevées en deux ans dans des écloseries, au lieu de trois ans pour les huitres classiques. Elles sont supposées mieux résister aux maladies.

 

Génétiquement modifiée

 

Mais certains ostréiculteurs pensent que l’huître triploïde pourrait avoir une responsabilité dans la fragilisation de l’espèce. Ils veulent l’abandon de cette huître « génétiquement modifiée ». Leur position risque d’être combattue car la triploïde qui pèse aujourd’hui un tiers de la production des huitres d’élevage d’Arcachon et représente un marché non négligeable pour certains ostréiculteurs et une source de revenus pour l’Ifremer.

 

JC Nathan

 

Sources :

www.reporterre.net

L’herpès des huîtres françaises va-t-il nous en priver à Noël
http://www.atlantico.fr
Photo : Les huitres du parc d’Arguin de Marc Druard
http://www.horizon-21.fr

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