Nanoparticules, nanomatériaux : incertitudes dans l’alimentation

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nanoparticules nanomatériauxLes nanoparticules, les nanomatériaux vont arriver dans l’alimentation sans que l’on puisse en présager clairement les risques.

 

Les nanomatériaux, les nanoparticules s’introduisent dans notre quotidien, bientôt dans notre alimentation sans que l’on sache quoi en penser. Peu d’études ont été consacrées à la question des risques et de l’éventuelle toxicité alimentaire de ces minuscules particules (un nanomètre = un milliardième de mètre, ou un millionième de millimètre).

 

Substances nanoencapsulées

 

Les nanoparticules sont nées avec les nanotechnologies qui permettent de travailler la matière à des échelles infiniment petites, et bénéficier ainsi d’intéressantes propriétés physico-chimiques. Parmi les applications identifiées, l’enrichissement de certains compléments alimentaires,  additifs, aliments fonctionnels intègrant des nanoparticules. C’est par exemple l’huile de colza enrichie aux phytostérols « nanoencapsulés » (pour lutter contre le cholestérol).

 

Y-a-t-il innocuité

 

Fabriqués à l’aide de nanotechnologies, les emballages peuvent offrir de nouvelles performances. Par exemple, des matériaux libérant des nanoparticules d’argent à effet antibactérien ; des nanocapteurs aidant à détecter une activité microbienne ou le degré de maturité du produit…. Certains additifs comme la silice (antiagglomérant) sont déjà produits à l’échelle des nanoparticules. Les autorités de contrôle sanitaire (Anses, Efssa) commencent à être interrogées sur l’innocuité de ces nanoparticules.

 

Pour l’instant, cette technologie est encore peu diffusée dans le domaine alimentaire, mais cela devrait évoluer rapidement. Face au début d’interrogations des consommateurs, les pouvoirs publics mettent en avant les quelques garde-fous existants : principe d’inertie des matériaux (en particulier ceux des emballages) au contact des aliments, limites de migration de substances vers les aliments (cas des emballages plastiques), déclaration des fabricants ou distributeurs de nanosubstances, mention sur l’étiquetage (lire Un étiquetage alimentaire plus précis).

 

Autorisation de mise sur le marché

 

D’un point de vue règlementaire, les denrées alimentaires contenant des nanoparticules sont considérées comme de nouveaux produits, et à ce titre doivent faire l’objet d’une autorisation de mise sur le marché et donc d’une évaluation préalable des risques sur la santé. Mais ces dispositions risquent d’être insuffisantes si la polémique s’enflait sur les nanomatériaux (à l’instar du dossier explosif sur les OGM). De l’aveu même des autorités sanitaires, on ne sait pas grand chose des risques éventuels des nanoparticules sur la santé. L’AESA (Agence européenne de sécurité des aliments) recommande des études au cas par cas. Cette approche est pragmatique mais elle révèle la complexité d’évaluer cette nouvelle avancée scientifique.

 

JC Nathan

 

Sources : http://alimentation.gouv.fr

www.efsa.europa.eu/fr

Photo : Institut Lumière Matière http://ilm.univ-lyon1.fr

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