Nitrates : la France pollue durablement

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nitrates pollution

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La France ne parvient pas à réduire ses rejets en nitrates liées à son agriculture intensive et aux effluents d’élevages.

 

L’agriculture puissante et moderne mis en place par la France dans la seconde moitié du XX° siècle ne parvient pas à limiter les rejets massifs d’engrais azotés et d’effluents d’élevage (lisier, fumier). Déversés en grande quantité, ces nitrates ne peuvent être absorbés par les plantes et les sols. Dès lors, ils sont lessivés et rejetés et viennent polluer les les réservoirs d’eau souterraine du territoire. Lire aussi : Nitrates, un dossier qui empoisonne l’eau

 

Nitrates : teneur maximale atteinte

 

Naturellement, la teneur en nitrates ne dépasse pas 0,1 à 1 mg par litre d’eau. Depuis plusieurs années, l’eau dépasse les 50 mg de nitrates par litre d’eau  (la norme maximale fixée par l’OMS) dans de nombreuses communes de France. Les régions les plus touchées sont les zones agricoles situées essentiellement en  Bretagne, Champagne-Ardenne, Centre, Poitou-Charentes, Île-de-France, Midi-Pyrénées… Lire aussi : Qualité de l’eau potable, l’avenir trouble

 

Une pollution qui s’accumule

 

Le problème est que les nitrates s’accumulent d’une année sur l’autre. La pollution constatée aujourd’hui est le résultat de 20 à 30 années d’épandages non maîtrisés et de rejets excessifs de lisier et d’engrais. Les nitrates polluent les eaux souterraines, mais aussi les eaux côtières et l’air via les rejets d’ammoniac, gaz nocif pour la santé.  On estime à plus de 700 000 tonnes les rejets annuels d’ammoniac.

 

Fermeture de captages d’eaux souterraines

 

Pour cause de non potabilité, de plus en plus de captages d’eau doivent être fermés. Environ 63% de l’eau distribuée en France provient des 35 000 captages d’eaux souterraines. Ces dernières années, en moyenne 440 captages d’eau ont été fermés pour l’essentiel en Ardèche, Ariège, Aude, Eure-et-Loir, Haute-Corse, Haute-Savoie, Lozère, Pyrénées Orientales, Savoie, Tarn. Sur le bassin Loire Bretagne, un millier de captages ont été abandonnés en 20 ans.

 

Même s’il existe d’autres causes (pollution naturelle, turbidité…), les pollutions d’origine agricole (pesticides, nitrates) sont la première cause d’abandon d’un point d’eau potable, en particulier dans les zones de plaines et d’élevage du nord et de l’ouest de la France (Beauce, Bassin armoricain, Bassin Parisien, Charente Maritime).

 

Un coût économique certain

 

Pour distribuer une eau potable, il faut ouvrir de nouveaux points de captage plus éloignés, transporter l’eau, traiter de plus en plus souvent.  Au total, la France dépenserait entre 100 et 600 millions d’euros (selon l’estimation du coût de traitement retenue) pour pallier cette pollution. Le ministère de l’Environnement donne même une fourchette de 1-1,5 milliard d’euros. Surtout, cette pollution porte gravement atteinte sur le long terme  à sa ressource la plus précieuse.

 

JC Nathan

 

Sources :

www.senat.fr

www.actu-environnement.com

www.fne.asso.fr

 

Photo : http://sosnormandeliere.blogspot.fr

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