Une bactérie jusqu’ici inconnue en Europe, Xylella fastidiosa, s’attaque aux oliviers du sud de l’Italie et met en danger toute la Méditerranée.
Une simple bactérie menace l’ensemble des oliveraies de l’Europe du Sud. Tel est le drame écologique qui se noue en Italie du Sud, avec la maladie qui a commencé à dessécher des dizaines de milliers d’oliviers près de Lecce, dans les Pouilles, région qui concentre un tiers des olviers italiens. Déjà 30 000 hectares d’oliveraies seraient anéanties.
L’arbre est asséché
Xylella fastidiosa se nourrit du système végétal transportant la sève des plantes (le xylème). Une fois installée dans la plante hôte, le plus souvent avec l’aide d’un insecte piqueur ou suceur, elle tue l’arbre en en l’asséchant (la bactérie bloque les canaux d’irrigation). Ce mal est identifié sous le nom de maladie de Pierce. Les scientifiques n’ont aucun traitement à proposer pour enrayer une telle épidémie, hormis abattre les arbres malades et créer des cordons sanitaires. Mais à ce jour, les Italiens ne se résolvent pas à l’abattage.
En Europe pour la première fois
La bactérie Xylella fastidiosa est apparue en Italie en octobre 2013. Ce serait la première fois qu’on signale en Europe cette bactérie qui sévit surtout dans la moitié sud des Etats-Unis et en Amérique Latine. La contamination dans les Pouilles a rapidement été prise très au sérieux par la Communauté européenne et par l’Organisation Européenne et Méditerranéenne pour la Protection des Plantes (OEPP).
Mais force est de constater leur impuissance en l’espace de 18 mois. Or, ce sont non seulement l’ensemble des oliviers italiens qui sont en danger (50 millions d’oliviers) mais tous ceux du pourtour méditerranéen, à commencer par la Corse, voisine de quelques dizaines de kilomètres.
Geler toute circulation de végétaux
La Corse a pris diverses mesures de contrôle et de sécurité mais il est très délicat d’empêcher toute contamination, souvent facilitée par l’homme, les échanges commerciaux, et le transport de végétaux. Selon Daniel Sainte-Beuve, expert des végétaux pour la Corse, il faudrait geler toute circulation de végétaux pour avoir un espoir d’endiguer le mal.
Une centaine de plantes
Autre aspect inquiétant, cette bactérie ne se limite pas aux oliviers : elle peut s’attaquer à une centaine de plantes différentes, dont la vigne, les agrumes, divers arbres fruities (pêcher, prunier…), l’amandier, le laurier rose ( Nerium oleander ), ainsi que des arbres d’agrément (sycomore américain, orme, chêne…).
JC Nathan
Sources : Jusqu’où iront les ravages de la bactérie tueuse d’oliviers ?
http://www.sciencesetavenir.fr
http://afidol.org/fichiers/pierce.pdf
Source photos : http://www.efsa.europa.eu