Le colorant E171 stimule des lésions précancéreuses

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Le colorant E171 (dioxyde de titane) injecté à des rats pendant trois mois, entraîne des lésions précancéreuses chez quatre rats sur dix.

 

Cette étude (publiée dans Scientific Reports le 20 janvier 2017) a été commandée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses). Elle a été réalisée dans le cadre du projet NANOGUT par des chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et de partenaires. Uniquement utilisé pour son effet blanchissant et opacifiant, ce colorant E171 (dioxyde de titane) est incorporé dans de nombreux aliments (bonbons, chewing-gums, sauces, conserves, plats industriels…) et aussi dans le dentifrice.

 

Les enfants, grands consommateurs de friandises, sont fortement exposés à cet additif. Lire : Des aliments plus toxiques qu’il n’y parait. Selon une étude de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), un enfant de moins de six ans consomme environ 9 milligrammes de colorant E171 par kilo et par jour.

 

Classé comme non dangereux

 

Ce colorant était classé comme non dangereux par les autorités europénnes alors que les Etats-Unis en limitaient l’usage à 1% du poids de l’aliment. Depuis le milieu des années 2000, certains spécialistes tiraient la sonnette d’alarme. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) avait testé l’exposition par inhalation au dioxyde de titane (exposition professionnelle) et classé cette substance comme cancérigène possible pour l’Homme.

 

Pour l’étude actuelle, les chercheurs ont donc administré par voie orale, à des rats de laboratoires, une dose de 10 milligrammes par kilogramme de poids corporel et par jour, comparable à celle absorbée par certains consommateurs (les enfants en particulier). L’étude montre que le dioxyde de titane est absorbé par l’intestin (du fait d’une forte teneur de 40% en nanoparticules) et passe dans la circulation sanguine. Il génère chez les rats une légère inflammation dans le côlon, des troubles du système immunitaire de l’intestin, et l’apparition de lésions précancéreuses au niveau du côlon. Prudents les chercheurs expliquent qu’on a mis en évidence un effet initiateur et promoteur des stades précoces de la cancérogenèse colorectale, sans permettre d’extrapoler ces conclusions à l’Homme.

Lire aussi : Les additifs

 

JC Nathan

Sources : www.inra.fr

www.lefigaro.fr

 

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