Le gaspillage alimentaire et l’insécurité alimentaire

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gaspillage alimentaire et insecurite alimentaire

Lutter contre le gaspillage alimentaire en orientant les surplus  des supermarchés vers des banques alimentaires est une fausse solution . C’est la thèse corrosive de deux chercheurs britanniques.

 

 

Des chercheurs de la Food Research Collaboration (City, University of London publient un rapport qui ne plaira pas à tout le monde. Martin Caraher, professeur à la City, University of London et le Dr Sinéad Furey de l’Université d’Ulster, sont très critiques vis-à-vis du système de redistribution alimentaire qui se met en place dans plusieurs pays européens.

 

 

Les surplus pour les banques alimentaires

 

 

Récemment, la France et l’Italie ont adopté une législation obligeant les supermarchés à donner leurs surplus alimentaires à des associations caritatives et des banques alimentaires. Lire Gaspillage alimentaire : tous responsables et acteurs

Le Royaume-Uni est en train de réfléchir à l’adoption d’une loi comparable. A priori, ce type de législation apparaît comme un progrès environnemental et social. En France, avant la loi sur le gaspillage alimentaire (février 2016), les supermarchés étaient obligés, pour des raisons d’hygiène alimentaire, de détruire (par javellisation) les invendus alimentaires.

 

Un clrcuit alimentaire criticable

 

 

Chaque année, la France gaspille près de 10 millions de tonnes de produits alimentaires. Lire : Le gaspillage alimentaire, un luxe inacceptable

La réorientation des surplus alimentaires doit permettre de venir en aide à plusieurs millions de personnes démunies. Ce nouveau circuit alimentaire est-il aussi vertueux qu’il le semble ? Pour les chercheurs britanniques, c’est très discutable. D’abord, le système alimentaire va continuer à fonctionner avec des surplus, que ce soit pour des raisons futiles (étiquetage erroné, palettes endommagées, apparence des fruits et des légumes), ou du fait d’une inadéquation de l’offre et de la demande. Cette organisation ne va pas inciter les acteurs à diminuer le gaspillage.

 

 

La responsabilité de la sécurité sociale

 

 

Ensuite, ce traitement de l’insécurité alimentaire est très discutable sur le plan moral. Même s’il y a des bénéfices à court terme dans cette redistribution alimentaire, il n’est pas admissible de faire reposer sur une telle organisation les droits fondamentaux des citoyens à la santé et donc à une alimentation correcte. Les gouvernements ne peuvent pas transférer à des œuvres de charité et des entreprises la responsabilité de la sécurité sociale de leurs citoyens.  Moralement discutable, la solution serait également peu fiable, les surplus alimentaires étant variables et imprévisibles.

 

 

Selon les chercheurs britanniques, il faut traiter indépendamment la question du gaspillage et celle de l’insécurité alimentaire. Autrement dit ne pas tenter de résoudre une question sociale et humanitaire majeure par le biais de surplus alimentaires « techniques » et aléatoires.

 

JC Nathan

 

 

Sources : Is it appropriate to use surplus food to feed people in hunger?

Professor Martin Caraher, City, University of London and Dr Sinéad Furey, Ulster University

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