Les excédents agricoles transformés en aide alimentaire

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pommesLe modèle agricole français, aidé par la fiscalité, contribue à l’aide alimentaire, loin des images classiques d’excédent et de gaspillage alimentaire. Des circuits que les pouvoirs publics se disent prêts à encourager davantage.

 

Transformer des excédents agricoles en aide alimentaire ? L’exercice est en train de se généraliser. Exemple, cette coopérative de la Drôme, Lorifruits (cité par l’AFP), qui a donné 5 tonnes d’abricots, de pêches et nectarines aux Restos du Cœur de Valence et d’Avignon. En novembre, la coopérative a donné entre 400 et 600 kg de kiwis par semaine. A la différence d’autres fruits, les kiwis présentant de petits défauts d’aspect ou de calibre ne sont pas recyclés par l’industrie agro-alimentaire. Ce qui n’est pas consommé est perdu et le don aux  associations est donc bienvenu.

 

Les oeufs sont très appréciés

 

D’autres produits agricoles font l’objet de dons : endives, pommes, pommes de terre, divers fruits et légumes de saison, œufs. En 2012, les aviculteurs ont donné 200 000 œufs. Cette année, ils devraient en donner le double. Les œufs sont très appréciés des associations caritatives car ce sont des sources de protéines faciles à transporter et à stocker à la différence de la viande qui suppose une chaîne du froid.  Tous ces dons sont encouragés sur le plan fiscal.

 

Dons en nature : 20% de l’aide alimentaire

 

Les dons en nature (produits agricoles, produits alimentaires) sont un élément clef du fonctionnement de plusieurs grandes associations caritatives (Restos du Cœur, Banque Alimentaire, Secours Populaire, Croix Rouge…). Les Restos du Cœur ont reçu, collecté, ramassé en 2012 environ 24 000 tonnes de produits alimentaires. Les dons en nature représentent actuellement 20% de l’aide alimentaire distribuée par l’association créée par Coluche. Face aux limites de l’aide européenne, il faut que cette part augmente.

 

Un euro par an et par européen

 

L’Europe vient de doter le Fonds Européen d’Aide aux plus Démunis de 3,5 milliards d’euros sur la période 2014-2020 pour venir en aide aux 18 millions d’européens  en grandes difficultés. Ce fonds a remplacé l’ancien Programme Européen d’Aide aux plus Démunis créé en 1987 dont le financement représentait un euro par européen et par an. Mais le nombre des personnes nécessitant une aide alimentaire ne cesse d’augmenter et les associations, plus nombreuses à se partager l’aide publique européenne, ont du mal à faire face à l’urgence.

 

Une nouvelle disposition fiscale

 

Pour soutenir le don alimentaire en nature, les associations françaises militent depuis des mois en faveur de mesures fiscales plus généreuses. A l’heure actuelle, un agriculteur qui donne une part de sa production bénéficie d’une réduction d’impôts (60% de la valeur des produits donnés). Mais si les produits passent par des transformateurs, l’avantage fiscal n’est pas autorisé, ce qui exclut les producteurs de céréales, d’oléagineux (et donc les huiles) et surtout le lait qui est toujours conditionné. Le gouvernement devrait proposer d’ici à la fin de l’année 2013 une disposition visant à élargir l’encouragement fiscal aux dons alimentaires.

 

De son côté, le monde agricole français a réagi cette année à la situation sociale et aux risques de baisse de l’aide européenne en créant une association de dons de produits agricoles et alimentaires à destination des plus démunis en France, SOLidarité des producteurs Agricoles et des filières Alimentaires (SOLAAL). Emmené par de puissants parrains comme la FNSEA, SOLAAL veut améliorer les circuits logistiques transformant les excédents en aide alimentaire.

 

JC Nathan

 

Sources : Pommes, œufs, kiwis, les agriculteurs donnent aussi
27/11/2013     | Afp sur http://www.terre-net.fr

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Photo : Gilles Targat

gillestargat.canalblog.com

 

 

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