Steack haché, une mixture qui pose problème

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steack fraude

Des centaines de tonnes de faux steack haché, mixture de déchets bovins, gras, amidon, soja… livrées à des associations humanitaires. Retour sur un marché qui pose problème.

 

 

Du steack haché, en réalité une mixture de déchets bovins, gras, amidon, soja…Voilà ce que les circuits actuels du négoce bovin peuvent organiser sans vergogne. Voilà ce qu’un marché public, financé par l’Europe, a pu laissé faire. Des associations humanitaires (Croix Rouge, Restos du cœur, Secours populaire français…) et leurs publics ont été victimes de cette arnaque. Mais cela aurait très bien pu être des maternelles ou des EPHAD….

 

 

Rien à voir avec du muscle bovin

 

 

Comme l’a mis en évidence la DGCCRF, les 780 tonnes de viande hachée  livrées  par la société bretonne Voldis (Côtes-d’Armor) et achetés à une entreprise polonaise (Biernacki) étaient un mélange peu ragoûtant ayant peu de choses  à voir avec le muscle bovin avec lequel on fait normalement des steacks.  Une fois le vent d’indignation retombé, l’affaire laisse apparaître diverses zones d’ombre dérangeantes.

 

 

Fraudes

 

 

Primo, les différents acteurs étaient connus pour avoir déjà régulièrement organisé des fraudes. Aussi bien le dirigeant de Voldis que le fournisseur polonais.. Or, ils restaient bien référencés par les opérateurs publics…    Secundo, comme l’a montré une enquête de l’hebdomadaire Marianne, les conditions mêmes dans lesquelles ont été passées l’appel d’offre méritent discussion. C’est l’organisme France AgriMer qui a attribué ce marché de 5,2 millions d’euros à la société Voldis.

 

 

Capter des aides européennes

 

 

France AgriMer est un établissement public dépendant du ministère de l’agriculture, créé en 2009, chargé de conseiller et d’aider diverses filières agro-alimentaires, et aussi, de capter une partie des aides européennes pour financer des projets français. Sur les 622 millions d’euros versés en 2018 aux filières de l’agriculture et de la pêche, les trois-quarts provenaient d’aides communautaires.

 

 

Trois euros et demi le kilo

 

 

Selon les termes du marché géré par France AgriMer, et financé par le Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD), il s’agissait de livrer 1500 tonnes de steack haché pour un montant de 5 millions d’euros, soit 3,5 euros le kilo ! En moyenne 50% du prix du marché. L’appel d’offres donnait pour condition unique le prix et ne mentionnait aucun critère de qualité. La logique même du marché était une incitation à la fraude.

 

 

Le volume plutôt que la qualité

 

 

Certains analystes posent dès lors la question qui fait mal : Est-ce parce que le marché concernait un public de personnes très défavorisées que l’organisme public France AgriMer a négligé autant la qualité et privilégié le volume ?

 

 

L’apport nutritif

 

 

D’un point de vue plus nutritionniste, on peut se poser une autre question : pourquoi passer commande de steack haché – une forme qui facilite la sous-qualité et la présence de gras et de déchets sans aucun apport nutritif – plutôt que d’autres sources de protéines (par exemple des légumineuses, ou des oeufs) qui font rarement l’objet de fraudes et sont globalement très sains pour la santé.

 

JC Nathan

 

Sources : www.franceculture.fr

www.marianne.net

Photo : Remy Gabalda / AFP/Archives publié par Cnews.fr

 

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