Le jeûne, une pratique antique qui interroge

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assiette vide jeûne

Pratique ancienne (Socrate la recommande), familière dans la plupart des religions, le jeûne suscite de plus en plus de curiosité auprès des médias et de l’opinion publique.

 

Le jeûne consiste à ne plus prendre d’aliments (solides) pendant plusieurs jours (voire plusieurs semaines) afin – disent ses partisans – de détoxifier le corps, de le reposer et le régénérer. La pratique suscite de plus en plus d’intérêt ces dernières années, lié aux nombreux travaux et études tendant à montrer ses bénéfices thérapeutiques sur diverses affections : arthrite, diverses maladies inflammatoires, intestin irritable, pancréatite, hypertension….

 

Jeûne et cancer

 

En février 2012, paraît une étude américaine sur des souris (Science Translational Medicine) qui met en évidence une plus grande efficacité des traitements chimiothérapiques sur des cobayes ayant jeûné. La découverte de Valter Longo, professeur de gérontologie et de biologie à l’université de Californie du Sud, fait grand bruit. Reste à transposer à l’Homme ces résultats, ce qui n’a pas été encore réalisé.

 

Scientifiques sceptiques

 

En Russie, le jeûne fait l’objet d’études scientifiques et d’essais thérapeuthiques depuis une petite cinquantaine d’années. En Allemagne, le jeûne est une pratique qui n’a rien d’exceptionnel. Mais en France, les scientifiques restent dans l’ensemble très sceptiques, pointant les effets délétères sur l’organisme de l’absence de nutriments pendant plusieurs jours. Certains s’inquiètent d’une possible utilisation du jeûne à des fins amaigrissantes. Une aberration, estiment-il, compte tenu des effets de rattrapage du corps et de reconstitution des réserves.

 

Protocoles

 

En pratique, le jeûne ne s’improvise pas (tous les médecins en soulignent les risques pour les personnes physiquement affaiblies). Diverses associations ont élaboré des protocoles afin d’éviter de mettre en danger la santé du jeûneur. Le jeûne commence généralement par une préparation, avec réduction progressive des apports, élimination des protéines animales, des produits raffinés…Vient ensuite le jeûne, partiel (prise de bouillons, jus de fruits…) ou complet. La période peut aller de deux à trois jours, à des durées beaucoup plus conséquentes (trois semaines, voire davantage). On estime qu’une prise en charge médicale est nécessaire à la quatrième semaine.

 

Réserves énergétiques

 

Sur le plan physiologique, le corps va pomper sur ses réserves énergétiques, et notamment le glucose dont le cerveau a besoin pour fonctionner. Au bout de quelques heures, il puise dans les réserves de glycogène du foie, puis dans les réserves de lipides dans le tissu adipeux, et enfin, dans la masse protéique (muscles). Sans prôner ces situations extrêmes, les tenants du jeûne avancent que la mise au repos du corps pendant quelques jours favorise des mécanismes de détoxification du corps. Croyance ou réalité scientifique, le débat est ouvert.

 

Bernard Duran

 

Sources : www.cancer-environnement.fr

www.passeportsante.net/fr

Lee, 2012. Fasting cycles retard growth of tumors and sensitize a range of cancer cell types to chemotherapy

 

Le jeûne, une nouvelle thérapie. Documentaire de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade (ainsi que le livre du même titre chez  Arte Editions

http://future.arte.tv/fr/sujet/le-jeune

 

« Le jeûne, nouvelle arme de lutte contre le cancer ? » 8-02-2012.www.lemonde.fr

« Le jeûne, en vogue mais controversé, est-il si bon pour la santé ? Angel Abolis.

15.08.2013. www.lemonde.fr

 

 

 

 

Crédit photo : Jean Fortunet.Wikipedia Commons

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