Michel de Lorgeril, chantre du régime méditerranéen

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Dr Lorgeril régime méditerranéen

Dr LorgerilAuteur de l’ouvrage Le nouveau régime méditerranéen, le Docteur Michel de Lorgeril, chercheur au CNRS, est connu comme le loup blanc dans le monde de la nutrition. C’est lui qui a dirigé la fameuse Etude de Lyon, à la fin des années 1980, qui démontrait de façon éclatante les incidences positives de la diète méditerranéenne sur des patients ayant subi un infarctus du myocarde. Il ferraille allègrement avec les lobbies pharmaceutiques et certains confrères sur le dossier du cholestérol et de son traitement.

 

 Qu’est-ce que le régime méditerranéen

 

Le régime méditerranéen est avant tout un modèle alimentaire basé sur les plantes (légumes, légumineuses, fruits, céréales). Les Méditerranéens ne sont pas pour autant végétariens : ils consomment des produits animaux mais de façon modérée. Ils mangent plutôt des aliments de saison et leur alimentation est très diversifiée.

 

Pourquoi ce modèle alimentaire a-t-il une telle notoriété?

 

L’espérance de vie dans la zone méditerranéenne est l’une des meilleures au monde. Diverses études scientifiques tendent à prouver que la manière de se nourrir dans les pays méditerranéens contribuent à cette espérance de vie et aussi à une excellente qualité de vie, avec moins de maladies fatales comme les maladies cardiovasculaires, les cancers, la dépression, le diabète, l’obésité….

 

Votre dernier ouvrage s’intitule « Le nouveau régime méditerranéen ». Pourquoi nouveau ?

 

Aujourd’hui, peu de personnes vivent comme les pâtres du Péloponnèse ou les paysans Crétois au début du XX° siècle. Les façons de vivre et de s’alimenter, les goûts diffèrent. Par exemple, certaines personnes aujourd’hui n’aiment pas l’huile d’olive. Mais en réalité, ce n’est pas une condition absolue du régime méditerranéen. On peut très bien trouver des aliments équivalents et ne pas consommer d’huile d’olive. Le colza a un profil en acides gras très comparable à l’huile d’olive. Le nouveau régime méditerranéen est une adaptation de la tradition aux conditions modernes d’existence.

 

Dans vos travaux, vous insistez sur la notion de « modèle » alimentaire. Selon vous, l’alimentation ne se limite pas à une sélection de bons aliments ?

 

Il faut se garder d’une approche de la nutrition se rapprochant de la pharmacologie, avec des aliments ou des nutriments conçus comme des médicaments. Ce qui caractérise un modèle alimentaire, c’est un ensemble d’interactions entre différents aliments contenant différents nutriments, un ensemble d’habitudes alimentaires.

 

Par exemple, la notion de saisonnalité est essentielle.  Au fil de son histoire, l’homme s’est adapté à la nature. Quand la nature donne des fruits et des légumes, c’est le moment de les manger. C’est comme cela que notre corps va le mieux les métaboliser. Bien sûr, nous pouvons utiliser divers modes de conservation, mais il est très important de respecter le rythme des saisons.

 

Parmi les critères importants du régime méditerranéen, traditionnel ou nouveau, vous citez la frugalité ?

 

Effectivement. L’un des traits de cette frugalité est de consommer de petites quantités de protéines d’origine animale (poissons, viandes…). Cette modération est bénéfique pour la santé et cohérente avec la protection de l’environnement. Car l’élevage intensif à grande échelle et la surpêche ne sont pas durablement viables.

 

Comment finalement décrire le « nouveau » consommateur méditerranéen ?

 

C’est un consommateur qui sait suivre certaines grandes caractéristiques du modèle comme la diversité des aliments, la part importante des aliments d’origine végétale, la saisonnalité, la frugalité…, qui sait sélectionner les aliments les moins modifiés, les plus riches en nutriments, les moins contaminés. Celui qui sait  protéger à la fois sa santé et la planète.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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