Pesticides dans les vignes, l’impact riverains

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Deux grandes agences publiques de la santé lancent une vaste étude sur l’exposition aux pesticides des riverains d’exploitations viticoles et les possibles incidences en matière de cancers et de maladies neurodégénératives.

 

 

Les pesticides dans les vignes sont-ils source de graves maladies ? L’agence sanitaire française, l’ Anses, et Santé Publique France, vont analyser l’exposition aux pesticides des riverains d’exploitations viticoles dans toute la France et les incidences sur la santé.  L’étude va porter sur 162 sites viticoles répartis dans six grandes régions viticoles : Nouvelle-Aquitaine, Grand-Est, Occitanie, Provence-Alpes-Côtes d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté.

 

Lire : Vins, des pesticides jusque dans nos verres

 

 

Analyse des cheveux et urines

 

 

Les chercheurs vont analyser les cheveux et les urines de quelques 1 500 adultes et 750 enfants vivant à moins de 500 mètres des vignes. Leur exposition sera comparée à celle d’adultes et enfants vivant à plus de 5 kilomètres de toute exploitation viticole.

 

Le protocole a été conçu de façon à identifier toutes les sources d’exposition aux pollutions chimiques comme les pesticides utilisés pour le potager ou les produits insecticides de la maison, et à évaluer le plus précisément possible l’impact sur la santé des substances et traitements chimiques appliqués sur les vignes.

 

 

Folpel, glyphosate et boscalid

 

 

L’Anses et Santé Publique France ciblent une cinquantaine de produits phytosanitaires autorisés en viticulture et pourtant jugés comme très préoccupants, tels que le folpel, le glyphosate, le boscalid.

 

Le glyphosate est classé cancérogène probable par le Centre international de recherche sur le cancer. Le folpel (ou folpet), utilisé contre le redoutable mildiou, est considéré comme cancérogène possible par l’Agence européenne des produits chimiques. Or, cette substance est l’un des polluants chimiques les plus présents dans l’atmosphère.

 

 

Surcroît de maladies graves

 

 

L’étude Pestiriv qui sera achevée en 2024 cherche à savoir si les énormes dose d’herbicides, fongicides et insecticides utilisées dans la viticulture traditionnelle sont à l’origine d’un surcroît de maladies graves, tels que les cancers (leucémies…), la maladie de Parkinson, diverses autres maladies neurodégénératives….. Une étude parue en février 2017 dans European Journal of Epidemiology avait mis en évidence une augmentation du risque de Parkinson de 10% dans les zones où l’on cultive la vigne.

 

 

Les professionnels du vin de Bordeaux

 

 

De plus en plus d’indices étayent la dangerosité liée à une exposition régulière aux produits chimiques utilisés en agriculture, et en particulier dans la viticulture. Preuve que la nouvelle étude est tout sauf anodine : le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) est monté au créneau pour  déplorer ne pas être associé à la définition du protocole scientifique de Pestiriv et aux modalités de communication de l’étude. Santé Publique France a vertement répliqué que ni les professionnels viticoles ni les ONG, n’avaient leur mot à dire sur le protocole. Question de rigueur scientifique. »

 

Lire : Les vins de Bordeaux et les pesticides

 

JC Nathan

 

Source : Le monde

mon-viti.com

Photo : www.toutlevin.com

 

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