Combien l’agriculture consomme d’eau

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eau agriculture

L’eau commence à se faire rare. L’agriculture est l’un des grands consommateurs d’eau en France (plus de la moitié de l’eau consommée). Quelques chiffres pour y voir plus clair et quelques pistes de bonne gestion.

 

Que pèse l’agriculture dans la consommation d’eau ? Beaucoup. Au moment où le dérèglement climatique annonce des sècheresses plus fréquentes, la question de l’eau et de son utilisation devient cruciale. Pour bien poser le problème, il faut rappeler qu’il y a plusieurs types d’eau. L’eau douce (glaciers, lacs, cours d’eau, nappes souterraines), l’eau verte, issue des précipitations atmosphériques qui nourrit les végétaux (et s’évapore en grande partie dans l’atmosphère) ; l’eau dite grise (eaux usées domestiques faiblement polluées).

 

 

500 milliards de mètres cubes

 

 

L’eau douce est rare à l’échelle mondiale : moins de 3% de la totalité de l’eau sur la planète. L’eau verte est liée à la quantité de pluies. En France, il pleut environ 500 milliards de mètres cubes d’eau par an. Un peu moins des deux-tiers (60%) repart dans l’atmosphère, par évaporation. Ce qui reste alimente les cours d’eau, s’infiltre dans les sols et les nappes phréatiques, nourrit les végétaux.

Les activités humaines pompent ce dont elles ont besoin en prenant sur l’eau douce et sur l’eau verte (les 200 milliards de m3). On « pompe beaucoup » (environ 33 milliards de m3) mais on rend beaucoup aux milieux naturels.  Ce qui compte c’est la consommation nette (l’eau prélevée qui n’est pas rendue aux milieux naturels).

 

 

L’agriculture et les ménages

 

 

On estime à environ 4 à 5 milliards de mètres cubes la consommation nette d’eau. Les deux principaux consommateurs sont l’agriculture (environ 60%) et les ménages (environ 25%). Pour mémoire, un Français consomme en moyenne 150 litres par jour (environ, la moyenne en Europe).  L’énergie (refroidissement des centrales nucléaires) et l’industrie sont les autres consommateurs d’eau mais pour des plus petites proportions.

 

L’irrigation du maïs

 

Dans l’agriculture, c’est l’irrigation des cultures (maïs, légumes, vergers, soja, pommes de terre…) qui coûte le plus en eau. Le maïs est un gros consommateur d’eau. Il représente un tiers des cultures irriguées en France (on irrigue 1,8 millions d’hectares, environ 7% des surfaces agricoles). L’Inrae pousse les agriculteurs à passer d’une irrigation de surface, très consommatrice, à des systèmes économes comme le goutte-à-goutte.

 

 

Une agriculture moins gourmande

 

 

Tous les efforts à venir visent désormais à favoriser une agriculture moins gourmande en eau, par exemple en pratiquant le paillage des sols, la réimplantation des haies, la restauration de zones humides, l’agroforesterie, la diversification des cultures, la cessation du travail du sol (l’eau s’infiltre mieux dans les sols non labourés)…

 

 

La réutilisation des eaux usées traitées

 

 

Un autre moyen de limiter la consommation d’eau en agriculture repose sur la réutilisation des eaux usées traitées. Lorsque des eaux usées traitées sont rejetées dans les cours d’eau, on installe des pompages en aval (réutilisation indirecte), ou on récupère directement ces eaux pour divers usages (irrigation, arrosage d’espace vert ou de golfs, nettoyage de voirie…).

 

La culture de pommes de terre sur les îles de Noirmoutier et de Ré s’est développée grâce à une réutilisation directe d’eaux traitées, ce qui a aussi contribué à une moindre pollution des eaux du littoral. A condition d’être bien pratiquée, notamment au regard des contraintes sanitaires et environnementales, la réutilisation des eaux usées traitées permet d’économiser l’eau. C’est l’un des axes envisagés pour économiser l’eau.

 

JC Nathan

 

 

Sources : www.inrae