Farines animales : feu vert de l’Europe dans l’aquaculture

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aquaculture : alimentationLes farines animales vont à nouveau être autorisées en aquaculture, à compter du 1° juin 2013. La Commission européenne donne son feu vert pour l’utilisation de farines de porc et de volaille en dans l’alimentation des poissons d’élevage.

 

Cette décision fait suite à des évaluations scientifiques ayant montré que le risque d’une contamination par un agent infectieux,  à partir de protéines animales issues du porc ou de la volaille (animaux non ruminants), était nul.

Suite à l’affaire de la vache folle en Europe, en particulier en Grande-Bretagne (épidémie d’encéphalopathie spongiforme bovine, ESB), les farines animales avaient été interdites dans l’Union européenne, en 1997 pour les ruminants. En 2001, cette interdiction avait été élargie à l’alimentation de tous les animaux destinés à la consommation humaine (dont les poissons).

 

Elargissement aux porcs et volailles

Bruxelles envisagerait de permettre en 2014 l’utilisation de protéines animales transformées dans l’alimentation de porcs et de volailles. Mais elles resteraient prohibées dans l’alimentation des ruminants, la ligne rouge restant l’interdiction de farines d’origine bovine ou ovine à destination de bovins ou d’ovins, sous peine d’encourir la réapparition du prion, cet agent infectieux responsable de l’encéphalopathie spongiforme bovine chez les animaux, et chez les hommes, de la maladie de Creutzfeldt-Jakob.

 

La farine de poissons : un prix exhorbitant

A l’appui de la position de la Commission européenne, le fait que la filière de l’aquaculture européenne, en pleine expansion, est confrontée à la rareté des farines et huiles de poisson, et  a besoin de substituts aux farines de poisson. Ces derniers mois, les prix mondiaux de la farine de poisson se sont envolés jusqu’à atteindre 1800 euros la tonne. « Un prix exhorbitant » explique un spécialiste de l’aquaculture.

 

Des produits d’origine animale déjà utilisés en alimentation animale

La réintroduction des farines animales n’est pas une surprise pour les connaisseurs du dossier. Les produits de retraitement d’origine animale représentent en effet un énorme potentiel de protéines et donc un gros enjeu économique. Rien qu’en France, plusieurs centaines de milliers de tonnes de carcasses d’animaux et de déchets d’origine animale doivent en effet être retraités chaque année. Ces déchets sont notamment utilisés comme combustibles dans les cimenteries. Une partie des graisses animales, classées non risquées, avaient d’ailleurs commencé à être réutilisées en alimentation porcine. Dans l’aquaculture, divers produits d’origine animale (par exemple, des produits à partir de sang de non ruminant) avaient été réintroduits ces dernières années pour constituer l’apport en protéines exigé par l’aquaculture.

 

Néanmoins, la décision de la Commission européenne intervient au moment même où la filière agro-alimentaire de la viande en Europe est gravement entachée par des fraudes massives (affaire de la viande de cheval). Dans ce contexte, les consommateurs risquent d’interpréter le retour des farines carnées comme un nouvel exemple de recherche de rentabilité et de profits au détriment de la qualité des produits et de la sécurité sanitaire.

A lire sur le site : fiche sur l’ESB

Source : www.ifip.asso.fr

www.lesechos.fr

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