Glyphosate et céréales : un goût amer

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cereales contaminants

En trouvant dans les céréales du petit déjeuner des traces de glyphosate, Générations Futures vient de réaliser un gros coup médiatique. 

 

 

L’association écologique Générations Futures, avec l’aide du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), a fait analyser une trentaine d’échantillons de céréales du petit-déjeuner (Kellog’s, Weetabix, Granola, Leader Price…), biscottes, pâtes, légumineuses (lentilles, haricots rouges)… Au total, plus de la moitié des produits contenaient des traces d’un herbicide classé comme un agent cancérogène probable, par le laboratoire du CIRC (affilié à l’OMS.

Lire : Le glyphosate est sans danger

 

 

Sept échantillons sur huit

 

 

Sept échantillons sur huit de céréales pour le petit-déjeuner contenaient du glyphosate. Les doses varient de 0,023 à 0,15 milligrammes au kilo. Les doses d’herbicide les plus fortes sont dans les lentilles, atteignant jusqu’à 2,1 milligrammes par kilo. Les légalistes diront que ce taux reste très inférieur à la limite autorisée par la règlementation. La concentration maximale autorisée du glyphosate sur des céréales ou des légumineuses a été fixée à 10 mg par kilo.

 

Mais pour le grand public, c’est une nouvelle source d’anxiété. Comment chaque matin, servir sereinement à nos enfants leur bol de céréales, alors qu’il contient diverses substances potentiellement cancérogènes ?

 

 

La dose ne fait pas le poison

 

 

En théorie, on est loin de mettre son organisme en danger avec les doses de contaminant détectées. Mais Générations Futures fait entendre une autre sensibilité. L’association avance que la limite de sécurité fixée par les autorités sanitaires n’est pas « sécure ». Autrement dit, on pourrait compromettre sa santé avec des traces de contaminants chimiques, dont le glyphosate, inférieures aux seuils de sécurité.

 

Une découverte scientifique de ces dernières années va dans le sens de cette position. Les chercheurs ont montré que certaines molécules chimiques (par exemple, les néonicotinoïdes utlisés comme insecticides) ont des effets délétères à des doses infimes, alors que ce ne sera pas toujours le cas à des doses supérieures. Soit une nouvelle loi : ce n’est pas la dose qui fait le poison.

Lire aussi : Le glyphosate est inoffensif, pas les formules

 

Autorisation du Round-up

 

Le coup médiatique de Générations Futures va peser dans la bataille sans merci qui se joue dans les semaines à venir. En effet, l’Union européenne doit voter sur la question du renouvellement ou non de l’autorisation du Round-up (la marque commerciale de Monsanto, à base de glyphosate). La France s’oppose à la poursuite de la commercialisation. Plusieurs pays sont mitigés (Allemagne, Italie….). C’est un très fort enjeu pour le géant Monsanto qui va peser de tout son poids dans les négociations, soutenu par de nombreux agriculteurs qui craignent une baisse de leurs rendements s’ils n’ont plus leur herbicide principal.

 

JC Nathan

 

Sources : www.lemonde.fr

www.lesechos.fr

 

 

 

 

 

 

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