Interdiction des plastiques dans les cantines, pourquoi 2025

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plastiques perturbateurs endocriniens

Suite à l’adoption de la loi dite Egalim en octobre 2018, les contenants en plastique et les plastiques jetables seront interdits dans les cantines scolaires en 2025. Le temps de la Justice est long.

 

 

A partir de 2025, aucun plastique jetable ne sera autorisé dans les cantines, pas plus que les assiettes, gobelets,  pichets, contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service. Les bouteilles plastique seront interdites dès 2020. La loi       « Egalim » du 30 octobre 2018 met un frein au risque d’exposition des enfants à des substances soupçonnées d’être des perturbateurs endocriniens.

 

Lire : Vaisselle plastique dans les cantines : le risque

 

 

Dix ans d’exposition supplémentaires

 

 

On peut voir dans ces décisions une avancée importante de la prise de conscience des risques de santé lié à l’exposition à des contaminants chimiques. On peut aussi regretter que les pouvoirs publics négocient des échéances aussi longues. Le texte prévoit  par exemple que les petites communes (moins de 2 000 habitants) disposent d’un délai de trois ans supplémentaires (2028) pour éliminer les plastiques des cantines, soit quasiment une dizaine d’années d’exposition supplémentaire des enfants à des perturbateurs endocriniens, sources de nombreux dérèglements du métabolisme et notamment de cancers.

 

 

Complexité de la toxicologie

 

 

En matière de prévention santé liée aux contaminations chimiques, les pouvoirs publics, gênés par différents lobbies, font souvent preuve d’un grand attentisme, d’autant plus que la toxicologie est une discipline aux enseignements très complexes. A cet égard, la question des perturbateurs endocriniens liée à diverses substances plastiques n’est certainement pas la plus simple.

 

 

Effet oestrogénique des substances plastiques

 

 

C’est une biologiste d’origine argentine, chercheuse à l’université de Boston, enseignante à l’Ecole normale supérieure (ENS), Ana Soto, qui a découvert au début des années 1990 (il y a trente ans !) l’effet oestrogénique de substances plastiques. Des molécules créés par l’industrie ont des effets mimétiques aux oestrogènes naturels, et sont capables de dérégler le système endocrinien des animaux, y compris l’Homme. Etant donné le rôle crucial des hormones pour l’organisme, les conséquences peuvent être graves.

 

 

Incidence de cancers mammaires

 

 

En 2012, les travaux d’Ana Soto et de confrères (Andrew Tharp et de Maricel Maffini) mettent en évidence que l’exposition au bisphénol A augmente l’incidence de cancers mammaires. De façon tout aussi inquiétante, Ana Soto a mis en lumière les effets dits en cloche de ces substances, à savoir de très faibles doses de contaminants suffisent à déclencher des effets importants sur le système hormonal.

 

 

Cancers hormono-dépendants

 

 

Pour rappel, on dénombre plus de 54 000 cancers du sein par an. 60 à 70% sont dits hormono-dépendants, ainsi que 50 000 cancers de la prostate en majorité hormono-dépendants. A l’aune de ces chiffres, les délais accordés aux collectivités locales pour éliminer les plastiques dans les cantines semblent laxistes.

 

 

JC Nathan

 

Sources : www.actu-environnement.com

www.fondation-arc.org

 

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