Le miel contaminé, la ruche polluée

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miel et neurotoxiques

La plupart des miels sont contaminés par des pesticides. Et les ruches restent polluées pour de longs mois quand les abeilles ramènent des substances nocives. Dixit les chercheurs de l’Université de Neuchâtel.

 

 

Les miels sont contaminés, les ruches aussi. Et souvent de façon durable. C’est ce que viennent de mettre en évidence des chercheurs suisses de l’Université de Neuchâtel (UniNE). En octobre 2017, l’équipe d’Edward Mitchell avait sorti un scoop inquiétant en prouvant que 80% des miels européens contenaient au moins un pesticide. Les résultats pour l’Asie (80%) et l’Amérique du Nord (86%) n’étaient pas plus encourageants.

 

Lire : Des pesticides dans les miels du monde entier

 

Dans la majeure partie des cas, les concentrations étaient trop faibles pour représenter une menace pour l’homme. Mais certains miels polonais ou allemands dépassaient la concentration de néonicotinoïdes autorisée.

 

 

La persistance des pesticides

 

 

Les dernières découvertes des chercheurs suisses ont trait à la persistance des pesticides dans la ruche, et donc dans le miel. Les scientifiques ont mis au point des méthodes de quantification incroyablement précises capables de détecter 2 picogrammes d’une substance pour un gramme de matière. (un picogramme = un millième de milliardième de gramme). On estime que la santé des abeilles et des insectes en général est affectée à partir de 100 picogrammes par gramme (pour l’homme, la limite est bien supérieure : 50 000 picogrammes par gramme).

 

 

Exposé durant une vie à des neurotoxiques

 

 

Avec cette technologie ultra-performante, les chercheurs ont pu décelé une longue persistance des molécules  chimiques dans la ruche et dans le miel, d’au moins 40 mois.   « Si ces substances sont rapportées à la ruche avec le nectar, cela signifie que l’ensemble de la colonie (y compris la reine) est exposé durant toute une vie à des neurotoxiques », prévient Blaise Mulhauser, directeur du Jardin botanique de la Ville de Neuchâtel. De même, le miel va conserver une même concentration de pesticides pendant des mois.

 

 

Multiples molécules chimiques

 

 

Les chercheurs ont cherché de multiples molécules chimiques (dinotefuran, nitenpyram, sulfoxaflor, flupyradifurone, et aussi, sulfoxaflor et flupyradifurone pas considérées comme néonicotinoïdes). Et ils les ont trouvées dans 28% des 38 échantillons testés. Ces derniers travaux prouvent une fois encore la contamination de l’environnement des abeilles et bien sûr des humains.

 

Katrina Lamarthe

 

Sources : www.unine.ch

 

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