Pesticides et cancers : les indices s’accumulent

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traitement pesticides

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Une étude de l’Inserm, institut officiel de la santé, tend à étayer les liens entre exposition aux pesticides et apparition de cancers.

 

L’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) vient de compiler un grand nombre d’études scientifiques réalisées dans le monde entier (méthode de la métaanalyse). L’institut met en évidence des liens de plus en plus probables entre exposition aux pesticides (insecticides, fongicides, herbicides…) et cancers.

 

Les agriculteurs les premiers exposés

 

Le cancer de la prostate, les tumeurs cérébrales, les lymphomes, les myélomes sont parmi les formes de cancer les plus citées comme conséquences possibles d’une exposition aux produits phytosanitaires. Un risque accru de maladie de Parkinson est également avancé. Les personnes les plus exposées sont les agriculteurs qui, au travers de leurs diverses spécialités (cultures intensives, maraîchage, pépinières, arboriculture, horticulture, viticulture…) manient ces produits à longueur d’année. Les cancers liés à des expositions professionnelles pourraient représenter jusqu’à 8% du nombre total de cancers en France (soit 10 à 12 000 décès). Pour mémoire, le cancer est la première cause de mortalité en France avec 146 500 décès en 2010.

 

Des centaines de matières actives

 

Avec quelques 60 à 80 000 tonnes de pesticides utilisées chaque année, la France est un très gros consommateur de produits chimiques pour l’agriculture. Plusieurs centaines de matières actives (soit, plusieurs milliers de préparations commerciales) sont couramment utilisées en France. Si la population agricole est la plus menacée, elle n’est pas la seule.

 

Les pesticides sont partout

 

En réalité, toute la population est exposée, via les résidus dans l’air, dans les sols, sur les fruits et légumes, mais surtout dans l’eau : la grande majorité des cours d’eaux contiennent des résidus de produits chimiques. Les pesticides sont utilisés partout,  que l’on pense à l’entretien des parcs, des jardins, des terrains de sport, des bords de routes ou de voies ferrées, aux produits de pharmacie ou produits vétérinaires courants comme les antipoux, les antipuces…, aux insecticides vendus aux particuliers (moustiques, mouches…), aux produits pour le jardinage et le potager…

 

Une action publique impuissante

 

Si les pouvoirs publics sont devenus plus critiques vis-à-vis des pesticides ces dernières années, force est de constater la relative impuissance de l’action publique en la matière. Le plan Ecophyto, mis en place en 2008, vise à une réduction de 50% des quantités de pesticides utilisées à l’horizon 2018. On en a pas pris le chemin en 2012, année où la consommation de ces produits a augmenté de 2,5%. De nombreuses matières actives dangereuses ne sont pas même recherchées par les systèmes de contrôle publics, et leur dangerosité n’est  pas évaluée.

 

JC Nathan

 

Publié le 13 juin 2013. Modifié le 14 juin 2013.

Crédit photo :Nicou (Sion) Suisse. http://nicou.aminus3.com

 

A lire sur le site : La pollution des rivières et des cours d’eau, signes inquiétants pour la France

 

Sources :

www.cancer-environnement.fr

www.lemonde.fr

references-sante-securite.msa.fr

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