Poissons d’élevage : avec ou sans farines animales

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poissons d'élevage

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Du poisson d’élevage nourri avec ou sans farines animales ? C’est le nouveau dilemme auquel va bientôt être confronté le consommateur au moment d’acheter ses filets de poisson sous cellophane.

 

Le feu vert de Bruxelles concernant les farines animales – ou Protéines animales transformées (PAT) – de poulet et de porc, dans les élevages de poisson, a pris effet depuis le 1° juin 2013. Les farines animales étaient interdites depuis 2001 (lire : Le retour des farines animales).

 

450 000 tonnes de protéines animales

 

Cette initiative de Bruxelles, conséquence d’un lobbying actif des industriels du retraitement des déchets animaux, n’a pas emballé les pisciculteurs français et les pouvoirs publics. Ce changement règlementaire est de nature à réveiller les traumatismes liés à l’affaire de la vache folle dans les années 1990. Mais la logique économique est puissante. L’Union européenne, en faisant l’impasse sur les déchets animaux, faisait un trait sur environ 450 000 tonnes de protéines animales provenant de près de 2 millions de tonnes de déchets, tous animaux confondus (ruminants-porcins-pouletspoissons) et dépensait environ 1 milliard d’euros par an pour détruire ces déchets.

 

L’Europe était la seule zone à s’imposer une telle contrainte économique. Se fondant sur l’avis des agences sanitaires pour qui il n’y a plus de risque sanitaire avec les nouvelles farines, sous réserve de certaines précautions, la Commission européenne réouvre l’accès à une source abondante de protéines, au moment où les farines de poisson deviennent onéreuses et plus rares.

 

Variétés plus végétariennes

 

Pour l’heure, les éleveurs français semblent diviser. Les grands éleveurs travaillaient depuis quelque temps à la mise au point de variétés de poissons d’élevage (truite, bar, daurade, maigre …) plus végétariennes. Ce type de recherches consiste à remplacer progressivement les farines et huiles de poissons (« protéines de la mer ») par des protéines végétales,et à sélectionner les « individus » qui s’adaptent le mieux (processus d’adaptation génétique) à cette alimentation.

 

Positionnement haut de gamme sans farines animales

 

L’un des enjeux scientifiques étant de définir le meilleur mélange de céréales (colza, maïs, soja…) et de minéraux, capable de remplacer l’élément marin. Dans cette logique de plus en plus végétarienne, les éleveurs français pourraient tenter de maintenir un positionnement « haut de gamme » de poissons 100% sans farines animales. C’est ce que semble prôner le CIPA (Comité Interprofessionnel des Produits de l’Aquaculture) qui fait la promotion de son « label  propre », Aquaculture de nos régions.

 

Il n’en restera pas moins que le poisson d’élevage importé (l’essentiel de la consommation française) aura été nourri dans bien des cas de produits carnés, sans que l’étiquette nous en informe. Un nouveau stress pour le consommateur !

 

Bernard Duran

Publié le 21 juin 2013

A lire en liaison : Le retour des farines animales

Françoise Médale : « La pêche ne peut pas fournir assez de ressources pour l’aquaculture ».

 

Sources : Pourquoi je suis pour la réintroduction des nouvelles farines animales. Jean-Louis Thilliez. leplus.nouvelobs.com

www.aquaculturedenosregions.com

Crédit photo : Glamour (DR)

3 COMMENTAIRES

  1. […] Du poisson d’élevage nourri avec ou sans farines animales ? C’est le nouveau dilemme auquel va bientôt être confronté le consommateur au moment d’acheter ses filets de poisson sous cellophane. Le feu vert de Bruxelles concernant les farines animales – ou Protéines animales transformées (PAT) – de poulet et de porc, dans les élevages de poisson, a pris effet depuis le 1° juin 2013. Les farines animales étaient interdites depuis 2001 (lire : Le retour des farines animales). 450 000 tonnes de protéines animales Cette initiative de Bruxelles, conséquence d’un lobbying actif des industriels du retraitement des déchets animaux, n’a pas emballé les pisciculteurs français et les pouvoirs publics. Ce changement règlementaire est de nature à réveiller les traumatismes liés à l’affaire de la vache folle dans les années 1990.Mais la logique économique est puissante. L’Union européenne, en faisant l’impasse sur les déchets animaux, faisait un trait sur environ 450 000 tonnes de protéines animales provenant de près de 2 millions de tonnes de déchets, tous animaux confondus (ruminants-porcins-pouletspoissons) et dépensait environ 1 milliard d’euros par an pour détruire ces déchets. L’Europe était la seule zone à s’imposer une telle contrainte économique. Se fondant sur l’avis des agences sanitaires pour qui il n’y a plus de risque sanitaire avec les nouvelles farines, sous réserve de certaines précautions, la Commission européenne réouvre l’accès à une source abondante de protéines, au moment où les farines de poisson deviennent onéreuses et plus rares. Variétés plus végétariennes Pour l’heure, les éleveurs français semblent diviser. Les grands éleveurs travaillaient depuis quelque temps à la mise au point de variétés de poissons d’élevage (truite, bar, daurade, maigre …) plus végétariennes. Ce type de recherches consiste à remplacer progressivement les farines et huiles de poissons (« protéines de la mer ») par des protéines végétales,et à sélectionner les « individus » qui s’adaptent le mieux (processus d’adaptation génétique) à cette alimentation. Positionnement haut de gamme sans farines animales L’un des enjeux scientifiques étant de définir le meilleur mélange de céréales (colza, maïs, soja…) et de minéraux, capable de remplacer l’élément marin. Dans cette logique de plus en plus végétarienne, les éleveurs français pourraient tenter de maintenir un positionnement « haut de gamme » de poissons 100% sans farines animales. C’est ce que semble prôner le CIPA (Comité Interprofessionnel des Produits de l’Aquaculture) qui fait la promotion de son « label propre », Aquaculture de nos régions. Il n’en restera pas moins que le poisson d’élevage importé (l’essentiel de la consommation française) aura été nourri dans bien des cas de produits carnés, sans que l’étiquette nous en informe. Un nouveau stress pour le consommateur !  […]

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