Guerre en Ukraine, céréales et prix du pain

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Ukraine cereales

La guerre en Ukraine va avoir des conséquences directes sur le cours des céréales, sur le prix du pain, sur le prix de l’énergie et l’inflation.

 

L’Ukraine, les céréales, le prix du pain. Tout est lié. Quelques chiffres en disent long : à elles deux, la Russie et l’Ukraine représentent 30% des exportations mondiales de blé et d’orge. La Russie produit près de 85 millions de tonnes de céréales par an,  environ le double de la France.

 

Acteur majeur du monde céréalier

 

L’Ukraine est un acteur majeur du monde céréalier : 4ème exportateur mondial de maïs (20% des exportations mondiales), 5ème pour le blé (12% des exportations de blé), 3eme pour l’orge. Le pays est aussi un grand producteur de colza, de tournesol (presque 50% des exportations mondiales) et donc de tourteaux  de tournesol (utilisés pour nourrir les animaux d’élevage) et d’huile. Les filières de l’élevage, notamment de volailles et de porc, qui en consomment beaucoup, sont très à risque, estime Jean-François Loiseau, président de la commission thématique Interfilières International de FranceAgriMer.

 

 

Risque de destruction de ports

 

 

Avec le conflit, des millions de tonnes de blé, de maïs, d’orge sont bloquées en Russie et en Ukraine et ne sont pas exportées. 10 à 13 millions de tonnes de maïs restaient à exporter d’Ukraine avant le conflit. Des ports risquent d’être détruits, ce qui va compromettre poiur des mois la capacité exportatrice d’un des greniers à céréales du monde.

Les marchés internationaux des céréales et des oléagineux sont sous tension. Les cours ont commencé à bondir. Les pays du Maghreb (Algérie) et du Moyen-orient (l’Egypte en premier lieu qui importe 90% de son blé de la Russie et de l’Ukraine) sont très vulnérabilisés par un risque de pénurie. L’Europe qui importe environ 50% de son maïs d’Ukraine va également être touchée.

 

 

Les cours déjà élevés

 

 

Les cours des céréales étaient déjà élevés. Ils vont encore monter et avec eux le prix de la farine et du pain. Fin février, les cours du blé ont flirté à 316 euros la tonne. Rappelons qu’ils étaient à moins de 200 euros la tonne jusqu’au début 2021. Difficile d’assurer que le prix du pain ne va pas finir par augmenter de façon substantielle. Certes, le prix de la farine n’entre que pour 10% environ dans le prix d’une baguette, mais les coûts de l’énergie sont eux-aussi en train de s’envoler.

 

Coût des engrais, coût de l’énergie

 

Autre incidence sur l’agriculture, le coût des engrais. La Russie est un acteur majeur du marché mondial des engrais, engrais azotés et engrais potassiques, dont ont besoin un grand nombre de pays, dont les pays d’Amérique latine, Brésil en tête, pays qui est un producteur mondial de céréales. Le prix de certains engrais ont déjà été multipliés par deux ou trois.

Mais l’ombre la plus préoccupante en termes d’inflation reste bien évidemment le coût de l’énergie qui risque de s’élever très fortement à l’heure où les pays occidentaux et la Russie se livrent à un bras de fer jamais connu depuis la fin de la guerre froide.

 

Lire : Hausse du prix des aliments

 

 

JC Nathan

 

Sources : www.terre-net.fr

lexpansion.lexpress.fr