Les huîtres de l’étang de Thau sous surveillance

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huitres etang Thau

Mise en quarantaine des huîtres de l’étang de Thau, à côté de Sète en novembre, quelques semaines avant les fêtes. Une algue toxique, alexandrium catenella, fait des siennes.

 

 

Début novembre 2017, la récolte et la vente des huîtres et des moules de l’étang de Thau, à côté de Sète, ont été suspendues par la Préfecture de l’Hérault pour raison sanitaire. Cette interdiction fait suite aux analyses de l’Ifremer (Institut Français pour de Recherche pour l’Exploitation de la Mer) qui ont mis en évidence la présence de l’algue toxique, alexandrium catenella.

 

 

Toxines paralysantes

 

 

Cette algue est un phytoplancton dont les coquillages se nourrissent. Le problème est que Alexandrium peut générer des toxines paralysantes, des PSP (Paralytic Shellfish Poisoning). Chez l’homme, les effets apparaissent en moins de trente minutes. En cas d’intoxication faible, les symptômes sont des fourmillements, engourdissements autour des lèvres, vertiges et nausées, pouls rapide…. Si l’intoxication est forte, il y a paralysie et troubles respiratoires graves, avec des effets potentiellement mortels.

 

 

Le test de la souris

 

 

Tous les coquillages peuvent être contaminés : huîtres, moules, coques, palourdes…Selon les scientifiques de l’Ifremer, la pollution ne serait pas en cause à Sète. Les concentrations dans l’étang de phosphore et d’azote (substances dont se nourrit l’algue)  ont baissé, suite aux efforts faits en matière de protection de l’environnement. Mais l’algue revient traditionnellement en cette saison dans la région.

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A partir d’un niveau élevé de concentration de l’algue alexandrium dans l’eau, les autorités s’inquiètent de la teneur en toxines (saxitoxines) par coquillage. Si ce niveau est dangereux pour l’homme, ils interdisent la récolte et la vente de coquillages. Les tests se font sur des souris à qui on injecte un extrait de chair de coquillage. Le temps de survie donne une mesure de concentration des toxines.

 

 

Des tests chimiques réclamés par les conchillyculteurs

 

 

Aujourd’hui, les ostréiculteurs remettent en question la qualité de ces tests et réclament des « tests chimiques », selon eux plus fiables, menés en Irlande, par exemple. Car les producteurs de coquillages, à Sète mais aussi en Bretagne et dans d’autres lieux d’élevage, ont de plus en plus de mal à supporter ces alertes sanitaires qui se multiplient et mettent à mal leur rentabilité. De leur côté, les pouvoirs publics ne veulent prendre aucun risque car les intoxications peuvent s’avérer mortelles et avoir un retentissement médiatique très important.

 

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JC Nathan

 

Sources : www.midilibre.fr

https://france3-regions.francetvinfo.fr

Photo : © Radio France – Gilles Moreau

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