Le prix du bio pour les consommateurs et les producteurs

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Un chou fleur du potager du Roi (Versailles). G. Rigoulet

Le prix du bio est parfois très élevé, en bonne partie du fait des marges confortables de la distribution. C’est l’enseignement d’une récente enquête de UFC-Que choisir.

 

 

Des prix du bio exhorbitants. Un communiqué de l’association de consommateurs UFC-Que choisir met les pieds dans le plat, non pas du bio, mais de la grande distribution. Selon UFC-Que choisir, les fruits et légumes bio sont en moyenne 79% plus chers en super et hypermarchés que leurs homologues en agriculture conventionnelle. Un panier annuel de fruits et légumes bio d’un ménage français revient à environ 660 euros, soit le double d’un panier de fruits et légumes non-bio (cultivés avec des engrais chimiques et exposés aux pesticides).

 

 

Les agriculteurs bio doivent vendre plus cher

 

 

Il est normal que le bio coûte plus cher : les cultures bio demandent beaucoup de travail notamment des interventions manuelles, par exemple pour désherber. Les rendements sont nettement moins élevés. Les récoltes sont plus aléatoires, très dépendantes des conditions climatiques. Les risques pour les agriculteurs en bio sont donc souvent plus élevés et ils doivent vendre plus cher pour réaliser des revenus normaux.

 

 

Des marges exceptionnelles

 

 

Mais l’enquête de UFC-Que choisir ne met pas en cause la rémunération des agriculteurs. Ce sont les marges des distributeurs qui sont pointées par l’association. Si les tarifs des fruits et légumes bio sont élevés, c’est en bonne partie en raison de marges exceptionnelles que s’octroient les distributeurs. Sur les poireaux, les pommes, les tomates, la distribution peut plus que doubler ses marges. Environ la moitié du surcoût payé par le consommateur  de bio est captée par les enseignes de supers et hypermarchés.

 

Il y a un ou deux facteurs qui expliquent cette « sur-tarification ». La logistique de collecte du bio, avec une plus forte dissémination des producteurs et des quantités moindres par unité de production, est plus complexe. Mais il y a surtout ce que l’on appelle l’effet d’aubaine bien identifié par les enseignes. Un consommateur décidé  à acheter un produit de qualité, est prêt à payer un prix supérieur, et sera moins « regardant » à la dépense.

 

 

Les enseignes bio spécialisées

 

 

Reste aux consommateurs à se montrer plus malins. Quand ils le peuvent, ils auront tout intérêt à s’approvisionner en direct auprès des cultivateurs ou sur les marchés, à acheter les produits de saison dans les enseignes bio spécialisées (souvent, filiales de grands groupes de distribution) qui pratiquent sur « le frais » des prix  abordables afin d’attirer sur d’autres produits à très forte marge.

 

Au total, le bio qui rime souvent avec une attention à la nourriture et un moindre gaspillage, n’est pas si cher que cela, s’il est pratiqué avec discernement.

 

 

Katrina Lamarthe

 

Sources : www.liberation

www.pleinchamp.com

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