Aliments ultra-transformés, la dépression en prime

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aliments industriels

Les aliments ultra-transformés sont à l’origine d’une litanie de problèmes de santé (obésité, cholestérol, diabète, risques de cancer…), et peut-être même de dépression.

 

Les aliments ultra-transformés – confiseries, biscuits, viennoiserie industrielle, plats préparés…- générent-ils des désordres mentaux et de la dépression ? Une équipe de l’Inserm dirigée par Tasnime Akbaraly avait déjà mis en lumière un lien entre un régime très gras, pauvre en fruits et légumes, et un risque aggravé de dépression. Les chercheurs se sont focalisés cette fois sur l’incidence d’une surconsommation d’aliments ultra-transformés.

 

Lire : Les produits ultra-transformés, l’anti-nutrition

 

 

Risques de symptômes dépressifs

 

 

En utilisant les données d’une cohorte de 6 000 consommateurs britanniques (Whitehall II), les chercheurs ont mis en évidence que les gros consommateurs de produits ultra-transformés (plus d’un tiers de leurs apports alimentaires totaux) avaient 30% plus de risques de vivre des symptômes dépressifs récurrents que des personnes se nourrissant de façon équilibrée.

 

 

 

Pourquoi cette corrélation ? L’hypothèse est la suivante. Cette alimentation favoriserait des états dépressifs en raison d’un impact sur le microbiote intestinal, de phénomènes d’inflammation et du stress oxydatif provoqué par le cocktail d’additifs, colorants, émulsifiants, conservateurs contenus par ces aliments.

 

Additifs et substances industrielles

 

Rappelons que les aliments ultra-transformés ont subi d’importants procédés de transformation. Leur formulation contient des additifs non nécessaires à la sécurité sanitaire du produit (colorants, émulsifiants, édulcorants, etc.) ou des substances industrielles (huiles hydrogénées, amidons modifiés, maltodextrine, protéines hydrolysées, etc.). Ces substances visent à imiter ou améliorer les qualités sensorielles des aliments (sodas, soupes déshydratées, produits carnés reconstitués, etc.).

 

Lire : Liste indicative d’aliments ultra-transformés

 

 

Dépendance alimentaire

 

 

Les charges à l’encontre de l’alimentation transformée s’accumulent. Un rapport du Sénat rappelait cette réalité de base : la pauvreté nutritionnelle de ce type d’aliments, riches en en graisses saturées, en sucres et en sel, pauvres en protéines, en fibres, en vitamines et en minéraux. « Fortement caloriques et peu rassasiants, pratiques à consommer et attrayants sur le plan gustatif, les aliments ultra-transformés favorisent les apports énergétiques excessifs et seraient même associés à la dépendance alimentaire » avancent les rapporteurs. Bref, dépendance alimentaire, surpoids, obésité, pathologies lourdes et … dépression !

 

 

JC Nathan

Source :www.inserm.fr

Notes scientifiques de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.  Note n°35 L’alimentation ultra-transformée. Janvier 2023.

Assemblée nationale. Sénat.

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Aliments ultra-transformés : leur surconsommation semble associée à des troubles de la santé mentale