La dangerosité du dioxyde de titane

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dioxyde titane cancerigene

Quelle est la dangerosité du dioxyde de titane ? Une question à plusieurs centaines de millions d’euros posée déjà depuis une dizaine d’années et pour laquelle les réponses tardent à venir.

 

Le dioxyde de titane est l’oxyde de titane; le titane est le neuvième élément chimique le plus abondant de la croûte terrestre.  Le dioxyde de titane est utilisé dans le monde entier car il absorbe les rayons ultraviolet et réfléchit la lumière, d’où son utilité comme écran solaire.

 

Particules infiniment minuscules

 

L’industrie l’utilise à la fois sous la forme micrométrique (millième de millimètre) et sous la forme nanométrique : moins de 100 nanomètres (nm – ou milliardième de mètres), soit des particules un million de fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu. A cette taille, l’élément est transparent et invisible.

 

 

Utilisation dans l’industrie

 

 

Le dioxyde de titane est utilisé dans la construction, l’industrie du PVC, les peintures, enduits et vernis, les produits cosmétiques et les produits alimentaires (additif alimentaire E171). En France, on estime qu’on produit plus de 250 000 tonnes de dioxyde de titane sous forme micrométrique et quelques dizaines de milliers de tonnes sous forme nanométrique.  Les produits solaires en contiennent entre 2 et 10%.

 

 

40 mg par jour

 

 

L’additif alimentaire E171, colorant alimentaire sous forme de poudre, contient des particules micrométriques et des particules nanométriques. Mais comme l’additif E171 contient moins de 50% de nanoparticules, il n’y a pas obligation d’indiquer la présence de nanomatériaux sur l’emballage. Combien ingérons-nous de dioxyde de titane par jour ? Une étude américaine fait état de 40 mg par jour pour un adulte de 60 kilos, et une exposition plus élevée proportionnellement pour les enfants (1 à 2mg/kg de poids corporel par jour).

 

Lire aussi : Polémique sur le dioxyde de titane

 

 

Activité pro-inflammatoire

 

 

Quels sont les risques liés à l’exposition au dioxyde de titane ?  Dès 2006, une étude réalisée par des chercheurs du département de biochimie de l’université de Lausanne (UNIL) et de l’université d’Orléans mettaient en évidence une activité pro-inflammatoire sur les poumons et le péritoine (à l’instar de l’amiante et de la silice). Un tel effet peut laisser craindre un effet cancérigène.

 

 

Expériences sur le rat et lésions précancéreuses

 

 

En 2006 le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le dioxyde de titane (TiO₂) comme cancérigène possible pour l’homme qu’il soit sous forme micrométrique ou nanométrique, en cas d’exposition par inhalation, c’est-à-dire le plus souvent liée à des usages professionnels (peintures, industrie diverses). Mais l’alimentaire ne semble pas préservé. Des expérience sur le rat ont montré que le dioxyde de titane pouvait passer de l’intestin à la circulation sanguine. Au bout de 100 jours d’administration de 10 mg/kg/jour, on commençait à déceler des lésions précancéreuses du côlon et un début d’atteinte des fonctions immunitaires.

 

 

Etudes en attente

 

 

On attend désormais le résultat de nouvelles études pour se faire une idée plus précise du caractère cancérigène ou/et perturbateur endocrinien du dioxyde de titane. Mais les associations de défense du consommateur et les mouvements environnementaux veulent d’ores et déjà une interdiction de son utilisation.

 

 

JC Nathan

 

Sources : www.cancer-environnement.fr

www.quechoisir.org

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