Darrel Webber, promoteur de l’huile de palme durable

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« L’huile de palme durable, c’est 12% de la production mondiale »

 

secrétaire général de la Table Ronde sur l'Huile de Palme
secrétaire général de la Table Ronde sur l’Huile de Palme

 

Conçue par des cultivateurs, des ONG, des sociétés agroalimentaires et distributeurs, la Table Ronde sur l’huile de palme durable (RSPO) a lancé en 2008 une certification pour une huile de palme durable. Cette certification repose sur 8 principes et 39 critères environnementaux et sociaux, dont la protection de la forêt primaire ou d’autres zones protégées de haute valeur. Son secrétaire général nous donne sa vision.

 

 Quels sont les résultats concrets enregistrés par la Table Ronde sur l’huile de palme durable ?

 

34 producteurs et 154 mouliniers d’huile, exploitant une superficie de 1,3 millions d’hectares, ont obtenu la certification. La production totale d’huile de palme certifiée RSPO représente aujourd’hui 6,4 millions de tonnes, soit 12 % de la production mondiale d’huile de palme. 175 entreprises (soit 455 sites à travers le monde) sont certifiées pour ce qui concerne l’approvisionnement. Ces résultats ne sont égalés par aucune autre matière première agricole durable.

Actuellement, la RSPO révise ses principes et critères pour tenir compte des dimensions complexes de la chaîne d’approvisionnement en huile de palme, de la diversité des parties prenantes et de la vaste répartition mondiale des cultures.

Que fait la RSPO pour consolider ses acquis ?

 

La RSPO impose à ses membres agriculteurs de faire certifier, en plus de leurs principales unités de gestion, toutes leurs unités dans un délai strictement établi. Elle demande à ses différentes parties prenantes (producteurs d’huile de palme, sociétés agroalimentaires et distributeurs, ONG…) de publier chaque année un rapport sur leurs engagements en faveur de l’huile de palme durable, accompagné d’un plan dans lequel ils indiquent quand ils envisagent d’atteindre ce but.

Nous avons initié un dialogue avec l’industrie en Inde et en Chine, les deux principaux importateurs d’huile de palme au monde. En Europe, notamment aux Pays-Bas et en Belgique, des engagements significatifs ont été pris. Les Etats-Unis et l’Australie manifestent également un énorme intérêt pour l’huile de palme durable.

En Indonésie, tous les acteurs ne soutiennent pas encore votre approche ?

 

En Indonésie, l’huile de palme est produite à 45 % par de petits agriculteurs. Le financement et l’assistance technique aux petits agriculteurs pour l’adoption de normes durables sont l’un des principaux défis du pays. Le rôle du gouvernement et du secteur privé est essentiel, à cet égard. D’ores et déjà, de nombreuses entreprises indonésiennes membres mettent en œuvre des pratiques et des normes de qualité internationale afin de s’engager dans la production d’huile de palme durable. La subsistance de millions d’indonésiens dépend du secteur de l’huile de palme. Il est crucial que l’huile de palme indonésienne reste durable et attractive sur le marché mondial.

Peut-on concilier la culture de l’huile de palme et protection de la forêt primaire ?

Les critères environnementaux pour les plantations visent à éviter de nouvelles pertes de la forêt primaire ou d’autres zones protégées de haute valeur ; à réduire les impacts négatifs sur le sol, les écosystèmes d’espèces menacées et la biodiversité générale ; et à développer des méthodes de production efficaces en eau et en énergie. Il est admis que le potentiel génétique de l’huile de palme permettra d’accroître la productivité et les rendements à l’hectare. La production mondiale d’huile de palme doit pouvoir augmenter, sans porter davantage atteinte à la forêt primaire, aux tourbières ou à d’autres zones protégées de haute valeur.

 Certains suggèrent d’abandonner l’huile de palme pour préserver les forêts primaires…

 

Passer de l’huile de palme à d’autres huiles végétales n’est pas une solution. La demande basculerait vers d’autres huiles végétales, accentuant ainsi les problèmes de durabilité liés à ces cultures particulières. Les palmiers à huile produisent — et de loin — bien plus d’huile végétale par hectare que d’autres cultures comme le soja, le tournesol ou le colza. Passer à d’autres huiles végétales pourrait accroître la déforestation des forêts primaires, transformées en zones agricoles.

 

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