Le thon rouge, une durabilité encore fragile

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Le thon rouge revient. Après un sévère coup d’arrêt à la surpêche et l’imposition de quotas dans les années 2008-2010, les stocks de thon se sont progressivement reconstitués. Les quotas réaugmentent mais la protection reste nécessaire.

 

 

Le thon rouge, après avoir frôlé un effondrement des stocks, est réapparu dans nos mers. Thunnus thynnus se répartit sur l’Atlantique Nord (jusqu’aux latitudes hautes, dans les îles Lofoten de la Norvège) et en Méditerranée. C’est un très gros poisson d’un poids moyen de 400 kilos (certains atteignent 60 à 650 kilos) et d’une longueur de 3 mètres. Mais les captures se font le plus souvent entre 20 et 160 kilos.

 

On trouve aussi du thon rouge dans le Pacifique nord  (Thunnus orientalis) du Pacifique et dans le sud des océans atlantique, pacifique, indien (Thunnus maccoyi), deux variétés en danger d’extinction.

 

Thoniers senneurs

 

 

Le thon rouge, auparavant pêché au moyen de diverses méthodes traditionnelles (madrague, canne, palangre, ligne) est de plus en plus pêché au moyen de thoniers-senneurs, énormes navires tirant de larges filets. Les gros thons sont ramenés et engraissés dans des fermes marines.

 

Lire : Le thon d’élevage et les dommages environnementaux

 

 

Coup de frein à la surexploitation

 

 

Les stocks de thon rouge étaient menacés d’épuisement au début des années 2000, notamment en raison de la pêche illégale attisée par la passion des Japonais pour ce poisson. La Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique (CICTA) a mis un très gros coup de frein à cette surexploitation.

 

En 2010, la limité a été fixée sur la zone Atlantique Est – Méditerranée à 13 500 tonnes contre 50 000 tonnes en moyenne sur les années 1998-2007. Sur la seconde zone surveillée, Atlantique Ouest, un TAC (Total  Admissible de Captures) très sévère a également été ordonné. Il est actuellement de 2 350 tonnes par an.

 

Lire, Le thon rouge : Méditerranée mieux que Pacifique

 

 

Les expéditions reprennent

 

 

Grâce à cette politique, les stocks ont commencé à se restaurer et la menace d’épuisement des stocks a été écartée. Les fameux TAC (Total  Admissible de Captures) ont été progressivement relevés à 36 000 tonnes sur la zone Atlantique Est-Méditerranée (chiffre  supérieur à ce que préconisent les scientifiques (qui ont mis la limite à 30 000 tonnes). Les prises remontent et les expéditions vers le Japon reprennent de plus belle, l’île du Levant consommant jusqu’à 80 à 90% de la pêche européenne.

 

 

Conflit entre WWF et MSC

 

 

Le thon rouge est-il sauvé ? Peut-on en manger sans souci ? Les avis divergent. L’an dernier, l’association de protection de l’environnement WWF s’est opposée à l’organisme de certification MSC (Marine Stewardship Council) qui a délivré son label pêche durable à une pêcherie de thon rouge (japonaise !) en Atlantique Est.

 

Une autre ONG, Pew Trusts, partage la prudence de WWF et alerte sur les risques de la pêche illégale et la surcapacité des pêcheries de thons rouges en Méditerranée. Les partisans de la réouverture de la pêche estiment qu’il sera toujours assez tôt pour réappuyer sur le frein. Le débat échappe un peu aux consommateurs français qui mangent pour l’essentiel du thon germon ou du thon albacore (encore appelé thon jaune pour la couleur de sa chair rosé pâle).

 

JC Nathan

 

sources :

www.linfodurable.fr

 

Photo. Cristina Quicler / AFP publiée sur rtl.fr

 

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